Artophilia

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Page vérifiée Created at July 24, 2017 Contact

  • Vernissage le jeudi 12 octobre à La Coopérative du Zèbre - 22 rue Jean Baptiste Say, Lyon 1er. 

    Romuald&PJ convolent en noce. L'occasion était trop belle pour retracer leurs 8 ans de créations communes. 

  • Survivances - Une exposition de Christine Vadrot - 17 avril/16Mai 2014

    Rêver et peindre le rouge par Michèle Pichon (Docteur en philosophie)

    Christine Vadrot choisit la couleur rouge d’abord pour ses propriétés physiques. Alliée au travail de la matière picturale, la couleur participe à la construction de l’espace. De l’action du rouge naissent des formes, mains, bouches par exemple. Formes évanescentes, apparitions sur fond bleu sombre, irradié par le rouge omniprésent, formes nées de la nuit, en instance de disparaître. Un échange subtil entre matière et lumière crée une profondeur et une dynamique où le rouge vient occuper ce que l’artiste nomme “l’espace du devant ”. Associé à des formes abstraites, le rouge structure et dynamise l’espace : ruissellement des lignes, dispersion des taches, tracés d’explosion, mettent l’espace en mouvement et l’ouvrent sur l’infini.
    On ne peut rêver la couleur en soi. On rêve le bleu du ciel, le rouge de la flamme ou le blanc de la neige. La rêverie de la couleur engage toujours l’imagination matérielle, celle qui rêve les matières élémentaires, eau, air, terre ou feu, qui pénètre dans leur intimité pour en retrouver la dynamique. 
    L’artiste associe le rouge à l’air. Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où, traditionnellement, le rouge symbolise le feu. En réalité, la dynamique du feu est bien présente dans cette oeuvre : mouvements ascensionnels, étincelles issues d’un noyau de feu central, taches constellantes. L’air embrasé, alliance d’air et de feu, semble solliciter l’imagination de l’artiste. 
    Dans les images aériennes, comme dans toutes les images matérielles, s’expriment certaines valeurs psychiques. « L’air est la substance même de notre liberté », écrit Bachelard. Lorsque la dynamique du feu s’allie à celle de l’air, alors se manifeste une volonté ardente de liberté. 
    Diverses tentatives pour s’affranchir des limites du support, coulées en bordure de toile, lignes fuyant au-delà du tableau, témoignent du désir de s’approprier un espace infini, caractéristique de l’imagination aérienne. Peut-être, le rouge rappelle-t-il à l’artiste les limites de cette liberté. N’est-il pas, dans notre culture, la couleur de l’interdit ?
  • Marché de l'art
    ou
    art du marché ?
    Exposition collective

    Est-ce aux artistes de faire le marché de l'art ou bien au marché de l'art de faire les artistes ? Quel modèle économique pour l'art contemporain ? Quelle place occupent les artistes qui n'ont pas la chance d'être soutenus par les grandes galeries ni par l'institution publique ?
    Certains artistes sont déjà confirmés et figurent déjà dans des collections privés et/ou publiques, d'autres sont primo-exposants, mais tous ont un regard drôle, grinçant, audacieux, souvent poétique et toujours politique de leur activité d'artiste.

    De l'eau est passée dans les urinoirs des musées d'arts contemporains depuis Duchamp, et Wim Delvoye en mettant au point son Cloaca a oublié d'y ajouter une chasse d'eau capable de nettoyer l'art contemporain des excréments financiers qui l'empêchent de respirer. 

    Non, ce n'est pas de la "Merde d'artiste" que nous allons vous montrer, mais bel et bien une vision toute contemporaine de la non soumission de la force créatrice qui nous entoure. 

    Pierre-Jean Blanchon (Commissaire de l'exposition). 

    Avec : 
    Full Mano
    Raphaele De Gastines
    Damien Coupeté
    Laurent Santi
    Alexandre Delecroix ( Alexandre Seppukoo)
    Romuald&PJ
    Véronique Levesque
    Julien Richetti
    Djan Silveberg
    Lilou Delasalle
    Nadia Nys
    Rocio Lopez Zarandieta
    La plume d'Adafé
  • Les « Projections Mentales »

    Dans son exposition à la Galerie des Pentes, Djan Silveberg nous présente ce qu'il appelle les « Projections Mentales », un travail sur le signe qui cristallise plusieurs aspects de ses recherches plastiques. Celles-ci s'inscrivent autour d'une réflexion sur les mécanismes visuels et les automatismes de la pensée issus de l'environnement dans lequel nous vivons et de l'accélération constatée de nombreux éléments endogènes de la société contemporaine.
    Le principe en est que toute réflexion trouve sa matérialisation à travers une projection mentale inconsciente résultante d'un état d'être et d'un mode de pensée hérités d'un apprentissage plus ou moins formaté : éducation, culture, langage, relations sociales, etc.
    Dans les phrases-clés qu'il utilise (proverbes, dictons, morales de fables, etc.), mais auxquelles il retire le dernier mot, la forme et le sens prennent leur substance du schéma de lecture que l'on peut faire des signes qui les composent et de l'inachèvement que l'on constate : résurgence induite par notre cerveau et nos sens, réflexe visuel qui vient naturellement compléter un manque que l'on identifie comme tel, mais également prise de conscience que l'assertion en soi peut revêtir une autre signification que celle vers laquelle notre inconscient souhaite nous pousser. La phrase est-elle finie ? Est-ce le début d'un effacement de ce qui fait notre cadre mental, notre référent ? L'inéluctable disparition d'une forme de culture par l'avènement de l'ère du numérique et du brouillage résultant d'une probable overdose d'information ?
  • ABEL AZCONA 
    NINE CONTAINER
    CONFINEMENT IN SEARCH OF IDENTITY
    Comissariat d'exposition : Carlos Arturo del Toro
    Photographie et documentation : Romuald&PJ

    Du 10 septembre 2013 à 19h00
    Au 19 septembre 2013 à 19h00

    « Gestation of a waste. Gestation d’un déchet». Par Carlos Arturo Del Toro, co-curateur du projet NINE CONTAINER, Confinement in search of identity de l’artiste Abel Azcona. 

    « N’être jamais né peut être la plus grande des faveurs » Sophocle 

    Le chemin de la compréhension de l’art est un dédale, ses multiples définitions dévoilent un fond au caractère personnel et subjectif. Ce nouvel enfermement de l’artiste Abel Azcona nous montre viscéralement le paradoxe qu’implique définir quelque chose comme art, et croire ensuite que nous pouvons appliquer cette définition à différentes œuvres particulières. 

    Le projet NINE CONTAINER est un projet personnel et subjectif, dont la prétention est de recréer le processus de gestation de l’artiste. Neuf jours dans un container à poubelle comme métaphore pour imager les neuf mois de gestation de l’auteur dans un ventre malsain. Neuf mois dans un placenta plein de désespérance, où les principaux nutriments étaient de la désolation ainsi que les nombreuses substances psychoactives qui envahissaient le sang de Victoria, la mère biologique d’Abel Azcona. 

    Ce projet, dont l’objectif final est la recréation d’un moment de la vie de l’auteur, nous pose cependant deux questions propres qui nous entrainent à réfléchir en tant que spectateur. La première, sans aucun doute, devrait être une réflexion sur l’art, car je crois que pour vous comme pour moi même, voir un container à poubelles en plein milieu de La Galerie des Pentes nous interroge sur le fait de savoir si ce que nous voyons là est ou non de l’art. Ce texte, pas plus que la performance elle-même ne sont là pour répondre à cette question, c’est à vous d’élaborer vos propres conclusions, guidées par vos émotions, pensées et sensations que dévoileront l’œuvre d’Abel Azcona en chacun d’entre vous. 

    La deuxième question est autour des déchets, cela dans un sens tant métaphorique que littéral. Les déchets : ce que nous ne voulons point, cela qui, d’une forme ou d’une autre, refusons de notre existence. C’est intrinsèquement l’axe fondamental de l’œuvre NINE CONTENAIR. Cela l’est depuis la perspective de l’auteur, qui se recréait lui même comme un déchet qui n’aurait jamais dût exister, mais aussi dans une perspective critique. Quelle relation avons-nous avec notre monde et la quantité de déchets que nous y produisons de manière démesurée. Cette production de poubelles physiques et émotionnelles nous dégrade en tant qu’individus et constitue des formes systématiques de déshumanisation qui, sans crier gare, nous transformeront en un nouvel humain, le point d’orgue maximal et parfait des systèmes économiques et politiques actuels : L’homme poubelle !  

    Carlos Arturo Del Toro
    Traduction de l’espagnol : Pierre-Jean Blanchon 

    Les photos et la vidéo de documentation de la performance sont de Romuald&PJ