Épris de justice

Épris de justice

Page vérifiée Created at November 8, 2016 Contact

Où l'on apprend comment les deux échevelés magnifiques firent la rencontre du pigiste mariole

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  • Puisse le lecteur ébaubi ouvrir grand ses mirettes pour entendre narrer l'histoire de la rencontre du chevalier du gazouillis, avec les ci-dessus décrits gadjos des prétoires. 

    L'histrion fabuleux quittait le bois enchanté du CDD, et s'épuisait dans les plaines arides et hostiles de l'indépendance. "S'épuisait" est un bien grand mot, tant il est vrai qu'il bullait entre deux piges, et sa plume désormais flasque et sans vigueur ne s'agitait plus que mollement sur les Clairefontaine quasi immaculés. 

    Soudain, il les vit. "Soudain, Dieu me turlutte, vous m'apparûtes", aurait dit l'histrion jactant mais néanmoins lettré du tribunal des rigolo qui hélas il y a longtemps déjà trépassa. Félix, le hibou du box presse, et Cosme, le franc-tireur du tiret cadratin, étaient perchés sur leur blog, animés d'une ferveur qui n'est pas sans rappeler la danse nuptiale des socialistes. L'errant les toisa, et leur dit : 

    "- Oyez doux gentilshommes, sont-ce devant moi les tenanciers d'un si bel blog ?"

    Les deux oisillons incrédules opinèrent du chef.

    "Permettez moi de louer votre plume et votre site, car il n'est pas, à 1 000 verstes à la ronde, plus bel hommage à la chronique judiciaire. La ligne est pure et le format idéal. Mais dites-moi, je ne suis moi-même pas maladroit dans cet exercice, pourrais-je astiquer ma plume dans vos colonnes et ainsi faire reluire nos pétillants récits auprès de ma TL fort avantageuse ?"

    La paire de compère hésita-t-elle ? La mémoire l'ignore. Le vieux grimoire où est contée cette histoire vraie ne dit qu'une chose : les deux fondateurs acceptèrent, et Julien Mucchielli, puisque c'était lui, répandit sans compter son encre qui, par généreuses et puissantes giclées, vint remplir les colonnes d'Épris de justice.

    L'effet des réseaux sociaux fut immédiat. D'une vénérable confidentialité, le blog filait sur les pentes supersoniques de la gloire twittesque, puis bientôt Facebookesque. Le lectorat abondait, chantait les louanges des stylos téméraires qui affrontaient les audiences anonymes ou jamais ne trônait la presse habituelle. La 23/1 était leur pré carré, et, timidement, ils "montaient" aux assises pour immerger leur plume dans le sang versé par des mains criminelles.

    Adoncques, le trio s'ébranlait dans les spasmes cosmiques de son succès fulgurant. Leur prose ravissait les baveux, et les plus illustres d'entre eux rendaient hommage au travail réjouissant (et bénévole) des trois arrogants plumaillons. L'oiseau bleu ne parlait plus que d'eux, de ces étranges bonshommes qui croquaient avec verve les saisissants instants de notre justice quotidienne. 
    Mais qu'hommage soit rendu, avant de poursuivre cette grande histoire de la chronique errante, aux talentueux dessinateurs qui embellissent les textes de nos sagaces journalopes au péril de leurs crayons. Ce sera au chapitre prochain.