Icare

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Page vérifiée Created at April 11, 2015 Contact

Quelques interviews...

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  • Bonjour à tous,

    Je vais centraliser ici les quelques entretiens auxquels j'ai répondu, ça vous permettra ainsi  d'en savoir un peu davantage sur mes réflexions, mon parcours, de ma grammaire un peu dans l'idée du défi 30jours/30memes. Par exemple, un étudiant m'a demandé de répondre à des questions dans le cadre de ses études. Il se trouve que je file parfois un coup de main à des élèves ou à des gens qui ont envie de créer un magazine. Pour le reste, je mets les quelques questions qu'il m'a posées (avec mes réponses, cela va sans dire), suivi d'une autre ITW, plus longue, réalisée pour un site qui a disparu et, enfin, je mets les liens avec les autres ITWs. En outre, c'est également le moyen pour moi de renvoyer vers une page quand on me pose des questions, histoire de ne pas répéter la même chose. 


    ITW étudiant


    1/ Comment définiriez vous votre métier ? En quoi consiste-il ?

    Je suis éditeur, maquettiste, critique et journaliste spécialisé. En somme, j’écris, je maquette et j’édite le magazine de jeu vidéo Icare. En ce qui concerne la répartition des tâches, un quart de mon temps est consacré à jouer, à lire (par exemple, dans le cadre de mon portrait de la ville de Dubaï utilisée dans le jeu Spec Ops : The Line, j’ai lu de nombreux ouvrages sur sa création, son épanouissement). Le reste concerne l’écriture, la mise en page et la relecture.


    2/ Qu'est-ce qui vous à poussez à exercez ce métier ?

    En fait, je lisais beaucoup de magazines quand j’étais plus jeune. Et cela m’a donné l’envie de lancer le mien. C’est donc une habitude d’enfance que j’ai voulu traduire en me plaçant de l’autre côté du miroir. Enfin, j’avais des choses à dire, une vision à proposer.

    3/ Depuis combien de temps exercez vous ce métier ?

    8 ans.

    4/ Votre parcours scolaire est-il lié de prêt ou de loin à votre métier ?

    Mon parcours scolaire est lié en effet à mon métier puisque j’ai fait une Terminale L, options Mathématiques. La critique étant un métier littéraire, le rapport est donc évident. En revanche, à l’université, je me suis engagé dans la voie du droit. Pour autant, ces études de juriste ont été importantes car elles m’ont permis de structurer et d’affiner mes raisonnements. Cela m’ a apporté la rigueur et la méthodologie nécessaires à l’approche journalistique. En fait, mon parcours a été en quelque sorte idéal pour m’accompagner dans mon parcours professionnel, me permettant d’acquérir une culture littéraire ainsi qu’une formation au raisonnement, aux faits (cas pratiques), etc.


    5/ Considérez vous qu'il faille des compétence particulière pour l'exercer ?

    Il faut à la fois des compétences, des qualités et un savoir. En ce qui concerne le savoir, j’ai écrit une méthode pour créer un magazine et le publier en kiosque : https://www.tipeee.com/icare/news/7955 Ce sont des informations qu’on ne connaît pas quand on se lance, qu’on découvre au fur et à mesure.

    En ce qui concerne les compétences, je pense en effet que les qualités d’écriture doublées d’une bonne culture générale sont nécessaire pour être journaliste.Mais plus que des compétences, il me semble qu’il faille avant tout certains traits de caractère : être curieux, rigoureux, indépendant, ouvert et honnête intellectuellement.


    6/ Comment travaillez vous ?

    De manière assez simple. Je repère un sujet qui me paraît bon, je l’approfondis, je l’analyse et j’essaie d’en tirer le meilleur autant que le meilleur de moi-même. Cela passe par un certain temps de réflexion, une approche très précise du sujet pour ne pas tomber dans des digressions qui diluent la réflexion. Par exemple, dans mon dernier numéro, j’ai envoyé le jeu Spec Ops : The Line (qui traite de stress post traumatique) à un vétéran américain victime de ce syndrome. Nous avons écrit son récit puis je l’ai ensuite accompagné d’un entretien avec un psychiatre des armées. Sur un plan plus pratique, je travaille essentiellement sur ordinateur en utilisant un logiciel de traitement de texte. Une fois que mes articles sont terminés, je créé une maquette en utilisant le logiciel In Design.


    7/ Comment sont gérés les coût de production ?

    De manière assez simple puisque l’essentiel des coûts sont fixes. 90 % du budget de production est consacré à l’impression. Pour le dernier numéro, j’ai organisé un système de précommande qui a permis de prendre en charge les frais d’impression.


    8/ Avez vous des collaborateurs ?

    Je n’ai pas les moyens d’embaucher des collaborateurs. Je reçois des CVs de temps à autres ou des demandes de stage mais je décline. Ceci dit, lors du premier numéro, le journaliste Khayrhalt avait écrit une dizaine de pages. Dans le second, le scénariste Mahyar Shakeri avait coécrit un article. On trouvait également des lettres de plusieurs développeurs du jeu Deus Ex : Human Revolution. Dans le numéro Spec Ops, plusieurs articles ont été coécrits avec François Coulon, le co-réalisateur de Spec Ops The Line ainsi qu’avec Sheldon Pacotti, le dialoguiste/scénariste des Deus Ex) C’est un système très ponctuel qui me convient bien puisque ces professionnels interviennent gracieusement.

    9/ Avec vous un salaire fixe ?

    Non. C’est très variable. Je suis gérant de la société éditrice du magazine. Je me paie en aval, sur les ventes.


    10/ Que pensez vous du milieu journalistique ?

    Pas beaucoup de bien. Je trouve généralement les journalistes paresseux et malhonnêtes intellectuellement. Il y a aussi la problématique de la neutralité et/ou du recul. Il est vraiment difficile de trouver une information factuelle, impartiale, qui ne soit pas orientée ou biaisée immédiatement par une analyse, un décryptage. A croire que Nietzche avait raison « Il n’y a pas de faits, que des interprétations ».

    11/ Que pensez vous de l'industrie vidéo-ludique ?

    Elle a ses qualités et ses défauts. C’est une industrie assez tentaculaire, au poids économique exceptionnel, qui couvre énormément de domaines et de nombreux marchés différents. Heureusement, elle ne relève pas que des grosses compagnies. Les indépendants y trouvent leur place, notamment grâce à une inventivité remarquable. Sans parler des producteurs moyens. En fait, il y a toute une gamme de compagnie et de développeurs très différents qui eux-mêmes créent des jeux très différents. En soit, c’est une richesse. Après, il y a une tendance à rechercher la sécurité et à utiliser des méthodes discutables (pay to win, DLCs). Comme dans toute industrie.

    12/ Que pensez vous de l'industrie du livre ?

    C’est un univers que je connais assez peu. Par rapport au jeu vidéo, il me paraît beaucoup plus frileux. Il y a très peu de nouveaux romanciers qui publient tous les ans et les modes me paraissent très discutables. Du reste, c’est un domaine qui me paraît beaucoup plus subjectif alors que le jeu vidéo contient une part essentielle de technique. Il y a aussi, j’ai l’impression, une tendance à imiter les pires tendances du marché. Je pense aux livres des star de la téléréalité, aux autofictions racoleuses. Alors bien sûr, il y a de l’opportunisme dans le jeu vidéo mais sans doute moins que dans l’industrie du livre.

    13/ Comment le numérique impacte t-il votre travail ?

    En fait, le numérique a révolutionné la presse mais je suis arrivé après cette révolution. Du reste, je m’en tiens au papier. Je ne propose pas de version digitale du magazine. J’ai une certaine réticence et celle-ci se double du manque d’intérêt de mes lecteurs. J’avais proposé une version digitale en précommande mais comme personne ne l’avait prise, je l’avais finalement supprimée. Le site journaux.fr m’avait proposé de le numériser puis de le vendre mais ça ne m’intéressait pas.En revanche, pour mon roman, j’offrirai en complément de la version papier une version digitale.

    Pour ce qui est de la vente, heureusement qu’internet et paypal (et Matthieu Requenna) existent puisque je vends sur le long terme grâce à mon site internet : icaremag.fr

    14/ Enfin, comment voyez vous ces prochaines années ?

    Difficile. Par exemple, mon prochain sujet est très confidentiel. C’est un marché de niche. Mais ensuite, avec un sujet plus fédérateur, je pense que le magazine trouvera son rythme de croisière. C’est aussi pour cela que je me suis lancé sur tipeee : une plateforme de soutien aux créateurs grâce aux dons.

    ITW avec le site enquête et débat qui a depuis disparu :


    1/ Vous venez de sortir le 2ème numéro d'Icare - l'envol du jeu vidéo, pouvez-vous nous présenter cette revue et pourquoi vous l'avez créée ?

    Il s’agit d’un magazine de jeu vidéo littéraire, c’est-à-dire qu’il traite de jeu vidéo en ayant recours à l’imaginaire et aux exercices de style. Quant aux raisons qui expliquent sa création, elles sont nombreuses. Mais la plus profonde reste l’envie de revivre une enfance bercée par les magazines de jeu vidéo (Banzzaï, Player One) : comme s’il s’agissait de matérialiser une nostalgie.


    2/ Contrairement aux autres magazines de jeu vidéo, Icare propose des réflexions de fond, sur le libre arbitre, le sens de la vie, de l'avenir, etc., le tout affublé d'une mise en page et d'un graphisme très léché. Vous voulez faire entrer le jeu vidéo dans un âge adulte ?

    Heureusement, ou malheureusement, aucun magazine n’a ce pouvoir. Du reste, je ne crois pas qu’Icare soit un magazine adulte. Je pense au contraire qu’il s’adresse aux curieux. Or la curiosité n’a pas d’âge. Je suis en tout cas heureux de voir qu’il y a des collégiens, des lycéens, des étudiants ou encore des gens installés qui lisent le magazine. Même vous, Jean Robin…

    Par ailleurs, je ne saurais dire si le jeu vidéo est entré dans l’âge adulte. C’est une réflexion à la fois d’historien et de philosophe. D’historien parce que le jeu vidéo a plus d’un demi-siècle d’existence et qu’il a subi de très nombreuses évolutions. De philosophe, ensuite, parce qu’il faut toujours revenir au concept : qu’est-ce qu’être adulte ? Il y a donc une réflexion à mener sur ce terrain très précis, au croisement des deux disciplines. Il faudrait sûrement un magazine entier pour traiter du sujet.


    3/ Malgré le vieillissement des joueurs, on n'a pas l'impression d'avoir affaire à des jeux plus matures, la plupart jouant sur les ficelles habituelles : violence, bourrinage, réflexes. Comment l'expliquez-vous ?

    Il me semble qu’on confond violence et maturité. Un jeu vidéo violent n’est pas mature par principe. Plus globalement, cette question renvoie à la fois à des thèmes et à la manière de les traiter. De tout temps, le jeu vidéo a abordé des thématiques matures. L’une des plus marquantes reste la question du désespoir à travers la tentative de suicide d’un personnage de Final Fantasy VI.

    Enfin, la question de la maturité concerne également la jouabilité. Certains pointent la dérive d’une infantilisation avec des jeux toujours plus faciles et accessibles. Mais c’est un vaste débat. Je tiens simplement à dire que le jeu vidéo n’a jamais été immature. Certains jeux le sont, d’autres ne le sont pas. Quoiqu’il en soit, on peut trouver la maturité, ou du moins un discours, dans de nombreux titres, à toutes les époques : que ce soit sous forme de thématique ou de jouabilité.


    4/ Un jeu comme Republic the revolution, sorti dans les années 90, plongeait le joueur dans un monde où il devait devenir président de la République et user pour cela de tous les stratagèmes, légaux ou non. Ce genre de jeu intelligent n'a jamais marché, la faute aux joueurs ou aux producteurs de jeux ?

    Tout dépend de ce qu’on entend par intelligence. Je crois néanmoins que le concept même du jeu vidéo est de participer à l’intelligence. Car son prince d’interactivité demande observation et l’observation est à la base de la réflexion. Il n’y a pas de passivité. C’est une activité plus riche qu’on ne le croit. Ensuite, je ne dirais pas que les jeux intelligents ne marchent pas : les jeux d’aventure (pointer/cliquer), les jeux de réflexions marchent assez bien et n’ont pas disparu. En revanche, je crois que les jeux sont plus formatés. C’est tout l’intérêt d’un jeu comme Deus Ex qui casse le discours convenu.


    5/ Vous consacrez un dossier à la fin de la presse papier dans le jeu vidéo, n'est-ce pas ironique quand on lance un nouveau magazine de jeu vidéo ?

    Si, bien sûr. Et le magazine se nomme « Icare, l’envol du jeu vidéo » pour les mêmes raisons. Nous sommes condamnés à disparaître d’une manière ou d’une autre. C’est la Fatalité.


    6/ Quel est l'avenir du jeu vidéo selon vous ? Va-t-on assister à une fusion avec les autres médias, et notamment le cinéma, la peinture et la télévision ?

    Hé bien, je ne sais pas. Il est difficile de se projeter. L’avenir de l’humanité est incertaine alors pensez, celle du jeu vidéo... La disparition du support physique est une possibilité mais je pense que, dans tous les domaines, la dématérialisation conduit à un chômage de masse. C’est pour cela qu’un des personnages de la nouvelle « Au troisième jour » parle d’ « emploi de contrôle ». En fait, je crains qu’il ne faille remettre de l’humain et empêcher ce processus de dématérialisation. Nos sociétés occidentales ne peuvent se permettre de perdre et des emplois industriels et des emplois de service. De même que la mondialisation (et la mécanisation) provoque la disparition des premiers, la dématérialisation risque de faire disparaître les seconds. Une fois que les vendeurs, les distributeurs jusqu’aux ouvriers (fabrication/façonnage) sont au chômage, dans quoi voulez-vous qu’ils se reconvertissent ? Dans le conseil à pôle emploi ?

    Plus techniquement, je crois beaucoup en l’holographie. La 3D est un apport intéressant (la 3DS est un exemple) mais l’holographie pourrait révolutionner les environnements et la manière de jouer. En tout cas, j’aime imaginer le futur avec de grandes salles de jeu vidéo interactives, sur le modèle des salles d’arcades où les joueurs joueraient ensemble dans des environnements digitaux.

    7/ L'avenir de la science-fiction passe-t-il par le livre, le cinéma ou le jeu vidéo ?

    Aucun des trois. Je crois que l’avenir de la science-fiction passe par la science. La génétique, les nanotechnologies sont des recherches qui vont bouleverser nos vies (si tant est qu’il n’y ait pas d’effondrement de nos économies). Nous entrons dans la science-fiction !


    8/ jouer au jeu vidéo peut-il rendre intelligent et pacifique ?

    C’est une question pour des chercheurs. Mais je ne crois pas qu’un jeu puisse développer le quotient intellectuel (certains jeux l'affirmaient - comme le Programme d'Entraînement Cérébral du Dr Kawashima - avant d'être démentis par plusieurs études scientifiques). En revanche, il peut permettre d'entretenir des mécanismes d'éveil, peut-être de stimuler certaines formes d'intelligence plus particulières ou encore de provoquer la réflexion. Tout dépend du jeu et de la manière dont on le reçoit. Pour ce qui est du pacifisme, ce n’est guère le trait le plus répandu de l’âme humaine et je doute que le jeu vidéo ait une quelconque influence. La question inverse, "rendre violent" est beaucoup plus débattue.


    9/ Quel est le jeu le plus beau selon vous ?

    The Legend of Zelda - A link to the past pour la beauté nostalgique. Et Final Fantasy VII pour la beauté fantasmatique.


    10/ Et le jeu le plus intelligent ?

    Deus Ex évidemment ! J’espère d’ailleurs que son décryptage idéologique (cf la stratégie de l’isolement) montrera toute la pertinence de ce jeu qui pointe le totalitarisme marchand à travers la critique de la mondialisation, de la consommation, de l’infotainment, etc.


  • Itws données ci et là :


    - Celle-ci est assez cool, je parle notamment de mon projet d'histoire avec des vampires : http://www.fragstorm.com/interview-daurelien-beuzard-createur-du-magazine-icare/

    - J'avais donné une itw au site Joypad.fr, je ne l'ai pas retrouvée. J'en avais donné 2 vraiment sympas au site enquête et débat, il est visiblement mort (impossible de retrouver les liens en cache). Je retrouverai sans doute mes réponses dans les mails, je viendrai les c/c ici.

    https://www.gohanblog.fr/a-la-une/presentation-de-icare-mag-interview-exclusive

    - J'avais pas mal aidé une étudiante pour son mémoire, j'ai jamais eu retour. J'espérais pouvoir le mettre en téléchargement. Une fois le bon coup de main reçu, elle a fait la morte. Classiquiche !

    - Là, c'est pas vraiment une ITW mais un des extraits de Thrènes avait été repris sur un site dédié au transhumanisme : https://iatranshumanisme.com/2015/08/18/temoignage-sur-le-transhumanisme-extrait-du-roman-threnes-a-paraitre-2016/