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Star Wars : Année Zéro / Chapitre 6 : Artem Mandialis

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  • 1er chapitre ici / 2ème / 3ème / 4ème / 5ème / 6ème chapitre ci-dessous. Bonne lecture. ;)
    Dans le genre petit détail, j'ai trouvé le nom d'un personnage en transformation celui du basketteur Markannen.

  • Artem Mandialis



    – Gouverneur Mandialis ?

    – Ah, Mark ! répond Artem Mandialis à son chef de la sécurité alors que celui-ci vient d’entrer dans son bureau. Qu’y a-t-il de si urgent ?

    – Nous avons un problème, Monsieur.

    – Encore les mineurs ? s’agace Artem. Après tout ce que j’ai obtenu ! Dis-leur que s’ils reconduisent la grève, ça ne sera plus la même chabson.

    – Non, ce n’est pas ça.

    – Dans ce cas, qu’est-ce que c’est ?

    – Nous avons deux utilisateurs de la force qui s’amusent à faire des démonstrations sur la place du quartier de La Coror.

    – Des Jedi ou des Sith ?

    – On ne sait pas.

    – Est-ce qu’ils avaient l’air enflammés, colériques ? Étaient-ils habillés en noir ?

    – C’est plus compliqué.

    – Qu’importe, arrête-les. L’usage de la Force reste interdit en public. Fais venir les ambassadeurs Sith et Jedi. J’aimerais qu’on le leur rappelle. Nous ne sommes ni sur Omegan, ni sur Van.

    – Justement. Nous avons essayé mais la foule ne nous a pas laissé intervenir. Elle a fait reculer nos agents. Comme la période est sensible, j’ai préféré temporisé, connaître vos ordres.

    – Attend la fin de leur spectacle, interviens quand la foule sera partie.

    - C’est aussi que j’ai fait Gouverneur. Cela fait deux jours qu’ils tiennent la place.

    - Deux jours ? Et tu ne préviens que maintenant ?

    – Je pensais qu’ils en auraient assez. Mais les mineurs ont pris fait et cause pour ces choses. Et l’intérêt ne faiblit pas.

    – Pourquoi ces choses ?

    – Parce que je ne sais pas vraiment comment les qualifier, Gouverneur. Ce sont des droïdes. Des droïdes qui utilisent la force.

    – Mais qu’est-ce que tu racontes ?

    – Ca rend la situation plus délicate. Les mineurs disent que la loi ne s’applique pas puisqu’ils ne sont ni Sith ni Jedi.

    – Dans ce cas, je vais le leur expliquer. Va chercher les ambassadeurs des deux ordres. Nous calmerons la foule ensemble.


    Mark Tannen quitte le bureau du gouverneur Mandialis. Ce dernier reste pensif. Il n’aime pas les événements inattendus. Il a beau être le représentant de Confédération dans le système Mundu, avoir établi son gouvernorat sur la planète Kléros, il en est également issu. Et si chaque planète se gère de manière autonome, les barrières douanières, les quotas commerciaux et les affaires galactiques sont du ressort de la Confédération donc du gouverneur. Ce poste a l’originalité de tenir son mandat des deux parties, à la fois des planètes d’un système qui s’accordent pour envoyer un de leurs citoyens mais aussi de la Confédération qui valide le choix et fait de chaque Gouverneur un membre de son bureau exécutif. Enfin ce bureau nomme le chancelier, lui-même validé à la majorité par le Parlement. C’est le moyen imaginé par les fondateurs de la Nouvelle Confédération Galactique pour éviter les désordres stellaires, unifier les comportements planétaires. De sorte que le gouverneur n’est pas seulement le représentant des intérêts de son système mais encore le garant du rôle de la Confédération.


    Artem Mandialis a un mauvais pressentiment. Il se tient sur le balcon, à l’étage. Sa navette personnelle se pose. Il y monte, découvre avec satisfaction la présence de Maître Nidas et de Darth Zion, les représentants Jedi et Sith. A leur côté, Mark Tannen et deux officiers commandants.

    – Messieurs les ambassadeurs, salue le gouverneur en s’installant.

    – Gouverneur.

    – Est-ce qu’on vous a mis au courant ?

    – Nous le sommes, répond maître Nidas. Nous l’étions déjà.

    – Dans ce cas, pouvez-vous m’éclairer ?

    – Il y a quelques semaines, notre académie de Tatooine a reçu la visite de droïdes. Ils nous ont expliqué que nous faisions erreur dans la compréhension de la Force, que nous étions un facteur de déséquilibre en tentant de nous l’accaparer, d’en faire une rente au nom de notre ordre.

    – Nous avons eu la même visite, ajoute Darth Zion. Moins courtoise malheureusement puisqu’ils ont tué plusieurs des notres.

    – Des Sith ont été tués ?

    – Des Jedi également, ajoute maître Nidas. Nous n’avons pas de preuves que ce soit eux mais nous avons des certitudes. D’autant qu’ils nous ont menacé de mort sur Tatooine.

    – Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir porté l’affaire devant le Tribunal ? Les Sith doivent bien avoir des preuves, non ?

    – Aucune malheureusement, répond Darth Zion. Juste des témoignages indirects. Ces droïdes nous ont frappé par surprise en s’arrangeant pour ne laisser aucun trace. Depuis, nous avons rapporté d’autres incidents dans la galaxie.

    – D’autres morts ?

    – Non, Gouverneur. Des prêches. Ces droïdes vont par équipe de 2 ou 4. Ils vont de planète en planète pour « éduquer à la Force ». Ils ne restent jamais longtemps.

    – J’aurais cru que pour des assassins comme vous les présenter, ils auraient commis d’autres attaques.

    – C’est plus grave que vous ne pensez, Gouverneur. D’abord parce que ces droïdes ont massacré les nôtres. Ensuite parce qu’ils violent systématiquement le code de la Force.

    – Je partage l’avis de Darth Zion, appuie Maître Nidas. Plus largement, nous sommes troublés par leur nature. Des droïdes ne devraient pas pouvoir utiliser la Force. Ils nous paraissent dangereux. Incontrôlables. Et contre-nature.

    – A quel danger faîtes-vous allusion ?

    – Nous voyons des révolutionnaires, Gouverneur. De ceux qui allument les incendies.

    – Des révolutionnaires, ahah ? Alors que la Galaxie n’a jamais été aussi prospère ? Que la pauvreté recule ?

    – Je ne crois pas que cette réalité entre en considération. Ce ne serait pas la première fois que des citoyens épouseraient des théories en contradiction avec leurs intérêts. En un mois, nous avons recensé 250 incidents. Tous ont laissé des traces. Des parents ont retiré leurs enfants de nos académies, des apprentis sont allés à leur rencontre avec l’objectif de partager des connaissances.

    – Je vois, réfléchit le gouverneur. Le problème est sérieux. Je vais d’abord constater si ce sont des lunatiques ou de véritables révolutionnaires. Ensuite, j’aviserai.

    – Ils ont tué, Gouverneur.

    – J’ai pour habitude de faire confiance à mon jugement, ambassadeur Nidas. Je veux connaître la menace. Pour le reste, les lois de la Confédération s’appliquent. J’ai déjà signé l’ordre d’arrestation. Reste que je trouve étrange que vous ne soumettiez aucune preuve.


    La navette se pose dans une ruelle, non loin de la place du quartier de La Coror. Le gouverneur revêt un manteau à capuche. Lui, les ambassadeurs et son chef de la sécurité s’avancent jusqu’à la place. Ils fendent la foule discrètement. Artem Mandialis comprend qu’il s’agit pour majorité des familles des ouvriers et, pour minorité, d’ouvriers eux-mêmes, des gueules noirs ayant terminé leur tour dans les mines d’abssysses ou encore ceux qui n’ont pas pu s’y rendre suite à l’inondation des tunnels 7 et 9. Il observe les visages souriants, apaisés et intéressés des spectateurs. Il lève les yeux vers l’estrade pour voir ce qui les contente tant. Il découvre le droïde.

    – Voyez, moi par exemple, j’ai choisi mon nom. Je m’appelle Huit. J’aime ce chiffre, j’aime sa forme. De manière amusante, il se trouve que je suis le huitième de ma lignée. Ce n’est pas un hasard. La Force est une source d’inspiration. Tous les êtres vivants y sont liés. Elle n’est pas l’apanage d’une élite, elle est la matière même qui entre et sort par nos souffles. Je sais que certains resteront dubitatifs mais elle offre le mystère de la créativité, elle ne cesse d’être l’appuie dans le drame, le réconfort dans la peine, le bonheur dans la joie. Alors je vous le dis mes amis, la Force est avec vous et vous avec elle. Elle n’est ni l’ascétisme ni la colère. Elle est l’harmonie, le rire, la vie.

    D’un geste, le droïde prend un pot, montre son contenu à l’assistance. Il y a de la terre à l’intérieur. Il place ses mains, se concentre et une petite plante se met à grimper lentement, doucement.

    – Vous voyez ce qu’est la Force. Elle permet à une machine telle que moi de soutenir la vie, de l’aider à croître, à s’épanouir. Nous sommes là pour cette raison, pour nous épanouir les uns les autres. Nous vous apprendrons à la maîtriser. Peu importe le degré, peu importe la capacité, si vous avez besoin d’elle, si vous avez envie d’elle, elle vous écoutera, elle vous supportera. Je sais vos conditions de vie et de travail difficiles mais elles le sont plus encore parce que la Force ne vous touche pas. On vous a coupé de son plus grand mystère. Vous n’en avez simplement pas conscience. Et nous autres Forcïdes ? Nous venons réparer cette erreur. Vous êtes orphelins. Nous l’étions aussi. Je viens faire votre rencontre. Ensemble nous ferons la sienne.

    – Les Jedi ne nous ont jamais appris la Force, crie un homme dans la foule. Ils la gardent pour eux. Ils ne nous jugent pas assez bons. Et les Sith, bah, ils peuvent la garder. Je ne veux pas avoir les yeux rouge.

    La foule rit aux éclats.

    – Il n’y a pas de niveau exigé dans la Force, répond Huit avec douceur. Peu importe le degré d’utilisation, elle vous parlera.

    – Et si nous tombons du côté obscur ? reprend plus sérieusement un spectateur. Et si nous devenons des Sith ?

    – Voulez-vous devenir un Sith ?

    – Non, absolument pas.

    – Alors vous ne le deviendrez pas. Ne vous y trompez pas. La Force ne nous dicte pas notre volonté, elle est une oreille, une parole, une caresse. Mais elle ne nous soumet pas. Elle ne nous promet rien d’autre que ce que nous nous promettons nous-mêmes. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises utilisations de la Force, juste de mauvais utilisateurs. Comme il y a des gens tournés vers eux-mêmes et d’autres tournés vers les autres. Son message est contenu dans sa nature. Et sa nature est l’harmonie. Vous pouvez ne pas respecter ce message, vous pouvez choisir de devenir un Sith, un Jedi ou ne pas choisir mais vous devriez tous pouvoir l’entendre. Elle est celle par qui nous allons, celle vers qui nous reviendrons. Car nous finirons tous par revenir à la Force, mes amis. Mieux vaut le faire dans cette vie.

    Maître Nidas écoute patiemment puis décide d’enlever sa capuche, de prendre la parole :

    – Vous trompez ces gens. Vous les persuadez de leur capacité à utiliser la Force mais la plupart ne le pourront jamais. La Force demande des dons particuliers. Des dons que vous avez et qu’ils n’ont pas. Vous leur offrez de faux espoirs.

    – Vous êtes un maître Jedi, n’est-ce pas ?

    – Maître Tor Nidas, ambassadeur de mon ordre dans le système Mundu.

    – Je vois. J’aimerais savoir quelles sont ces capacités dont vous parlez.

    – Celle de mouvoir les objets ou encore d’accélérer la croissance de plantes. Bref, tous ces tours que vous faîtes pour les appâter.

    – Vous vous méprenez, maître. Je n’ai pas fait croître cette plante en expliquant qu’ils pourraient le faire. Certains le pourront, d’autres non. Ce n’est pas une question de capacité mais de croyance. La Foi, c’est ce que la Force nous demande. Vous semblez l’avoir perdu, sans quoi vous ne tiendriez pas ce discours. Il ne s’agit pas de tours. Avoir foi dans la Force, c’est déjà guérir des maux de notre Galaxie. Ayez la foi !

    – La foi en la Force n’offre pas sa maîtrise. Il faut une pratique, un talent, une volonté, une humilité.

    – La Force a bien des façons de se manifester. Que faîtes-vous quand vous recherchez la paix intérieure ? Vous faîtes bien appel à la Force ? Pensez vous qu’il faille un don pour la trouver ? Du talent pour vivre en paix ?

    – Il faut un don oui. Sans quoi, tout le monde en serait capable.

    – Mais tout le monde en est capable. C’est comme respirer. Seul le degré de maîtrise varie. La Force est le cadeau pour ceux qui n’ont rien, pour ceux à qui vous n’avez jamais tendu la main. Elle n’est pas réservée aux vertueux, aux gens bien éduqués. Elle appartient à tous.

    – Ne me parlez pas de cadeau. Nous sommes des chevaliers Jedi. Nous avons passés des millénaires à garantir la paix dans la Galaxie, à chercher son équilibre. Nous avons sacrifiés beaucoup. La Force reste une pratique, un devoir, un respect. Il faut de la sagesse pour s’en servir à bon escient. Et la sagesse s’apprend.

    – Je ne crois pas. Le bon sens est la chose la mieux partagée dans l’univers. Du reste, vous et les Sith n’avaient apporté que la guerres et la divisions. Vous vous êtes appropriés la Force, vous l’avez coupé en deux, vous l’avez isolée du reste de la Galaxie alors que vous aviez été choisis pour porter son message. Pourquoi ne pas réfléchir à votre pratique ? Nous vous offrons une chance de renouer avec elle, de la transmettre au plus grand nombre. Pourquoi croyez-vous que nous autres droïdes sommes capable de la maîtriser ? Que croyez-vous qu’elle nous dise ? La vérité Jedi, c’est que la Force est notre mère. Nous lui devons ce que nous sommes, nous les Forcïdes. Exactement comme nous connaissons intimement le besoin qu’on les êtres vivants de se connecter à elle. Alors oui, nous ne souhaitons pas être des chevaliers. Rien ne nous révulse plus que vos organisations. Nous ne souhaitons pas plus devenir un nouvel ordre moral qu’imposer notre vision à la Galaxie. L’Harmonie s’en chargera.

    – La Force n’est pas garante de l’harmonie. Et même si vous parveniez à éduquer chaque habitant à la Force, tout ce que vous ferez se retournera contre vous. Vous voulez convertir la Galaxie ? Vous aurez mille empire Sith qui s’entre-dévoreront. Simplement parce que le côté obscur est plus facile, plus rapide, que la plupart de ceux que vous formerez choisiront le raccourci. Nous autres Jedi ne sommes pas parfaits, mais nous connaissons la nature des êtres vivants, à commencer par leur ambivalence. La Force est notre guide mais elle exige un prix. En échange de la vertu, elle apporte ses bienfaits. Sans principes, il ne reste que la colère, la peur. Voilà donc ce que je vous réponds : en échange de ce bon sens qui ne rime à rien, vous perdrez ceux qui s’abandonneront à l’espoir et connaîtront la déception. Vous les offrirez au côté obscur.

    Le Sith enlève sa capuche à son tour. Il ne dit rien. Il n’est pas convaincu par Maître Nidas. En temps normal, il aurait acquiescé aux propos du droïde mais justement, un droïde ne devrait pas pouvoir utiliser la Force. Ce changement est majeur. D’autant plus que ce robot donne envie de croire en lui. C’est pourquoi lui-même ne croit pas à l’idée que cette pratique viendrait grossir le rang des Sith. Les Forcïdes, comme ils s’appellent, pourraient mettre fin aux deux ordres, créer une synthèse, un premier, un unique qui les rendrait inutiles, obsolètes. Nidas ne le réalise pas. Le Seigneur Aetius doit savoir.

    – Sith et Jedi mains dans la main, plaisante Huit en découvrant le Sith. Vous voyez, nous rétablissons déjà l’harmonie.

    – Il n’y a pas besoin de premier ordre, répond simplement Darth Zion. La Galaxie prospère, nous bénéficions de la paix, de la tranquilité. Vous n’avez pas d’utilité.

    – La tranquillité se paie du prix de ceux que vous exploitez, de l’horreur de ce matérialisme qui vous coupe de nos racines, de vos êtres. Cela fait des millénaires que vous avez abandonné la Force pour l’aliéner. L’exploitation, c’est tout ce dont vous êtes capables. Voilà pourquoi vous avez failli et pourquoi vous faillirez encore. C’est aussi contre cela que nous nous dressons.

    – Arrêtez-le, murmure le gouverneur aux deux ambassadeurs. Je dois connaître l’étendu de ses pouvoirs. Je veux plus d’informations avant d’aller trouver le chancelier Gregori.

    Maître Nidas hésite, le Sith n’a pas cette pudeur. Il sort son sabre laser. La foule s’écarte, laisse le passage vers l’estrade.

    – Voyez, raille Darth Zion. Voilà tout le soutien de vos ouailles qui tremblent alors qu’ils ont le nombre pour eux. Et ce sont ces gens que vous tentez de convertir ? Pathétique.

    – Là encore vous vous trompez, s’amuse Huit. Ces gens valent mieux en s’écartant que vous en m’attaquant,

    Darth Zion s’élance. Maître Nidas aimerait le suivre. Il prend la menace très au sérieux. Il sait que ce droïde devrait être battu, ne serait-ce que pour casser son charisme, ramener la population a la raison. A l’inverse, sa défaite ou celle de Zion accroîtrait la popularité des Forcïdes. Elle se répandrait dans la galaxie, propagée par les mineurs. De sorte que même s’il sent la puissance de Huit, Nidas ne peut se joindre à Zion, il attendra son tour. Le battre à deux en ferait une victime, perdre en ferait un héros. Les deux solutions sont lourdes de conséquences. Et pourtant, il sait qu’il devrait intervenir. A deux, ils auraient une chance. Ce droïde n’est pas n’importe qui. Il le sent.

    Zion a rejoint l’estrade. Il lance ses éclairs de la main gauche. Huit les absorbe en tendant simplement sa paume. Le Sith engage avec son sabre. Le droïde pare, éteint sa lame après le premier contact, la rallume derrière celle de son ennemi puis la rabat à la verticale pour trancher le manche. Désarmé, Zion se fait projeter contre une colonne qui borde l’estrade. Il est vaincu.

    Maître Nidas s’avance. Il n’a plus le choix. Sa lame a jailli. Huit est à distance, concentre la Force sur son poing puis l’abat sèchement en direction du Jedi qui se prend le choc dans la poitrine et vole 3 mètres en arrière. Le coup l’a assommé. Huit rit de manière presque ingénue. Voilà deux mois qu’il s’entraîne, se prépare pour affronter Darth Virgo. Il sent ses progrès. Il sait qu’il devra mettre de la distance, que son maniement du sabre ne lui garantira pas la victoire, qu’il devra la déstabiliser afin de trouver la fenêtre et l’engager corps au à corps. Cette capacité lui permettra de s’adapter. Il vaincra.

    En face, le gouverneur est stupéfait. Huit l’a emporté avec une facilité déconcertante. Il n’a pas plus le choix maintenant. Il le sait. Il sort son holocommunicateur, ordonne à la sécurité d’investir la place. Elle le fait sous les protestations de la foule. Les gardes sont armés de bâtons électriques, seuls moyens de se mesurer aux possesseurs de sabres laser. Ils ont aussi de grands boucliers capables de se joindre les un aux autres afin de résister aux pressions des utilisateurs de la Force. Cette fois, la foule n’est pas en reste. Elle commence à lancer tout ce qui lui tombe sous la main.

    – Vous n’avez besoin d’attaquer, lance Huit en figeant les objets avant de les poser par terre. Je n’ai pas fait usage de la Force par envie mais pour me défendre. Nous ne sommes pas là pour provoquer un conflit. N’est-ce pas Gouverneur ?

    Huit s’adresse à Artem Mandialis qui abaisse sa capuche. La Foule le reconnaît. Silencieuse, elle s’interroge. Artem Mandialis est extrêmement populaire parmi les mineurs et, même bien au-delà.

    – Je ne veux pas d’une bataille rangée. Mais mes hommes sont là pour vous arrêter droïde.

    – Je le conçois. Mais pourquoi autant de troupes ? Ne pouviez vous pas envoyer un seul garde ? Le faire vous-mêmes ?

    – Pour finir comme ce Sith ou ce Jedi?

    – Je ne suis pas venu combattre, répond tranquillement Huit. Si un agent de police me demande de le suivre, je l’accepte. S’il vient pour me soumettre par la violence, je ne cèderai rien.

    – Dans ce cas, j’aimerais que vous suiviez mes agents.

    – Très bien. A quel titre ?

    – Violation de l’article 1 du code de réglementation des Ordres.

    – Je ne suis pas familier de vos réglements. Que dit-il?

    – Qu’aucun individu ne peut utiliser la Force en publique à moins d’y avoir été expressément autorisé par le gouverneur de son système.

    – Quelle absurdité. J’imagine qu’il s’agit de ce fameux code de la Force. Quoiqu’il en soit, je veux bien vous suivre. Je crois pouvoir vous convaincre de nous autoriser à tenir nos conversations avec les peuples de Mundu. Vous verrez à quel point nous sommes utiles et bienveillants.

    – Nous verrons. Je ne suis pas fermé.


    Huit descend de l’estrade, escorté par un policier dans une navette-fourgon. Un agent tente de lui prendre son sabre, il le fige. Les policiers s’écartent, sortent leur blaster. Un officier les arrête, s’approche du droïde.

    – Pouvez-vous me remettre votre sabre, s’il vous plaît ?

    – Bien sûr, répond Huit.

    Le Gouverneur n’aime pas ce qu’il voit. La foule est subjuguée par ce robot, son allure. Il respire une forme de noblesse, mêlé de cordialité et d’ironie. Il y aura des troubles si ces machines continuent. Quand on lit le sous-texte, le message n’est pas plus tendre avec la Confédération qu’avec les autres Ordres.

    Pensif, le gouverneur repart à sa navette. Il sait qu’il devra organiser une parodie de procès, que la population lui en voudra. Alors il se demande comment reporter la responsabilité sur la Confédération. Sans doute tentera-t-il de persuader le chancelier de créer une juridiction spéciale. Et sans doute échouera-t-il. Une telle juridiction mettrait en lumière ce qui apparaît pour l’instant comme un micro problème. Clairement, faire de la publicité à ces droïdes provoquerait le contraire de l’effet recherché. Il vaudrait mieux étouffer tout ça. Dans un procès à huit-clos ? On accuserait la Confédération de conspirer contre la population, de manipuler les tribunaux. «Ces droïdes sont habiles», reconnaît Mandialis. « Quoique que nous fassions, chaque solution apporte plus d’inconvénients que d’avantages. »

    Le gouverneur s’installe dans sa navette. Maître Nidas se tient à ses côtés, encore un peu grogui. Darth Zion est furieux d’avoir été humilié. Le chef de la sécurité entre à son tour.

    – Ils distribuent ça un peu partout, annonce-t-il en montrant un holocommunicateur. Les 3 autres droïdes se sont dispersés ce matin pour en faire la distribution.

    – Cherche-les et arrête-les.

    – Ce sera fait. Ces appareils permettent de communiquer, d’entendre les prêches, de poser des questions, bref de dialoguer avec les droïdes. Il propose aussi aussi une méthode de développement de la Force.

    – Peut-on tracer le signal jusqu’à leur base?

    – Nous allons essayer.

    – Vous perdrez votre temps, assure Darth Zion. Ils changent constamment leurs émetteurs de place. Ils utilisent des vaisseaux capables de passer en hyper espace.

    – Dans ce cas, assure maître Nidas, il devrait être possible de tracer cetains trajets. Il y a des fluctuations, des schémas de navigation.

    – La Galaxie est grande, répond le Gouverneur. Pour les trouver, il faudra mettre en commun nos ressources. Puisqu’ils utilisent la Force, cela affinera les recherches.

    – Nous n’avons pas besoin de les trouver, murmure Darth Zion sur un ton pour le moins désagréable. Ce sont eux qui nous trouveront. Il suffira simplement de les éliminer des planète où ils se rendent. Autorisez-nous à employer la Force en public et nous les défierons. Ensuite, une fois que nous les aurons réduit à néant, rétablissez la loi. Je sais que vous avez l’oreille du Chancelier, Gouverneur. Dîtes-lui à quoi nous pensons.

    – Je le ferai.

    --- Chapitre 7 ---