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Star Wars : Année Zéro / Chapitre 11 : Vlad-Ozimonor

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  • Vlad-Ozimonor


    Une vingtaine de Jedi accompagnés d’une centaine de soldats de la Nouvelle Confédération entrent dans un palais de pierre qui donne sur un océan vert et sa grèves de gravillons mouchetés. D'autres forces armées le cernent. Les soldats s’infiltrent, se glissent parmi les colonnades, montent à l’étage, poussent la grande porte. Guidés par maître Direm, ils entrent, découvrent un salon. Devant eux, une quinzaine de Jedi et deux droïdes discutent autour d’une table.


    – C’était donc vrai, regrette maître Direm en découvrant les Jedi renégats.

    Il en reconnaît la plupart.

    – Enfin un peu d’action, répond amusé le droïde Rep. Tu seras un bon adversaire.


    L’autre forcïde ne dit rien. Il n’a pas de visage, juste un ovale sans yeux, ni bouche. Il examine la situation. Il connaît la personnalité de son acolyte qui se prête avec plaisir au jeu de la provocation. Rep aime le combat. Trop, d’évidence. Parfois, Vlad-Ozimonor se demande s’il s’agit bien d’un droïde et non d’un enfant dont on aurait dissimulé les traits sous l’apparence de métal, sans réellement lui avoir donné la possibilité de prendre conscience de la portée de ses actes. Paradoxalement, Femto n’a jamais eu ce caractère un peu puéril, lui qui ressemblait pourtant trait pour trait au fils de Darth Aetius. En vérité, Rep apparaît comme l'exact contraire de Vlad-Ozimonor. C’est pour cela qu'il a choisi d’en faire son acolyte. Oui, c'est pour cette seule raison que Rep l'accompagne. Bien sûr, Dolem avait rechigné immédiatement, sans toutefois pouvoir s’y opposer. Père l’avait décidé de la sorte. Vlad-Ozimonor ne connaissait pas d’équivalent. Il était l’Ambassadeur des Forcïdes, sans obligation de se plier à l’intelligence supérieure de Dolem ni à la puissance de Huit. Sans obligation de loyauté ni de sentiments. Il n'éprouvait d'ailleurs jamais d'états d’âme. Les morts d’Ev-A, de Femto, de T4 et de P473 entraient de manière ordonnée dans la case perte de leur bilan. Ce n’était qu’un paramètre, une donnée à prendre en compte sans jamais dévier de leur objectif. Cette réunion aujourd'hui, par exemple, est la première rencontre officielle avec des Jedi Organisés qui ont pris fait et cause pour les Forcïdes ou comme certains les appellent déjà : les renégats. Pourtant, Vlad-Ozimonor n’a pas hésité à faire fuiter l'information à la Nouvelle Confédération. Il lui faut savoir : savoir la relation entre l’Ordre Jedi et la Confédération, savoir leur manière de se comporter avec ces "traîtres", savoir la confiance qu’il pourrait accorder et enfin savoir le degré de coopération entre les Sith et la Nouvelle Confédération. Oui, il lui faut connaître les rapports de force autant que les comportements profonds, les alliances. Et tout ceci se dévoile aujourd’hui. Il n’y a plus d'échappatoire. En cela, Vlad-Ozimonor a pris beaucoup de risques. S’il avait été capable d'émotions, il aurait sans doute eu peur ou, inversement, savouré la réaction abasourdie de Dolem quand il avait exigé la mobilisation de la flotte. Mais non. Dolem avait accepté la mort dans l'âme et lui n'avait rien ressenti. Vlad-Ozimonor pouvait employer les instruments de guerre comme bon lui semblait pour atteindre leur objectif commun. Dolem avait ensuite la tâche de les mener à la victoire. Cette union bancale avait été pensée volontairement par Père.


    A cet instant, Vlad-Ozimonor ne ressent qu'une seule chose : la tranquillité. Il a accepté sa mort, celle de Rep, la perte de leur flotte. Il sait que tout peut se terminer, ici, sur cette planète. Tout dépend de l'anticipation de leurs adversaires. Pourtant, il se sent tranquille. Parce que ce qui se décide dans ce palais porte toutes les conséquences de la prochaine guerre et que personne ne s'en doute. Marionetis avait raison. C'est lui qui lui a soufflé l'idée. Tout parier sur quelques coups, les choisir parfaitement et qu'importe leur image. De toute façon, Vlad-Ozimonor ne s’occupe pas de la manière dont les Droïdes sont perçus. Il s’occupe des relations avec les corps organisés de la Galaxie. IL s'en occupe dans le double objectif de protéger le puits et de détruire Darth Aetius. Toutes les relations, tous les accords, toutes les fidélités peuvent être renversées afin de réussir. Exactement comme elles peuvent être consolidées. Marionetis a vu clair dans leur fonctionnement et le projet qu'il lui a exposé s'avère beaucoup plus réaliste que celui de Dolem. En cela, il est l'ennemi le plus redoutable de Darth Aetius. Cela ne fait aucun doute. Comme il ne fait aucun doute qu'il est l'ennemi de tout le monde, qu'il cherchera lui aussi à s'emparer du puits. Il l'a avoué. Il n'a pas dit pourquoi. Il attend sans doute de voir si les Forcïdes se montreront à la hauteur de ses attentes. Marionetis, lui, a déjà prouvé sa valeur en les sauvant de Fort K. Comme il a prouvé sa volonté de victoire en exposant un plan terrible qui les mènera à la réussite. Lui aussi, en quelque sorte, est un diplomate. La question pour eux deux n’est pas tant de s’assurer d’alliés, aussi puissants soit-ils, mais de connaître les fidélités, les ambiguïtés pour les exploiter. C'est pourquoi quand Dolem cherche des appuis à tout prix, lui prépare leur rupture. S’il peut les tourner les un contre les autres, il le fera. S’il y a un gain à engendrer le chaos et la guerre civile, alors il le fera. Comme Marionetis.


    Aujourd’hui est un exemple de cette philosophie. Vlad-Ozimonor est là, dans cette pièce avec des partisans qui n'ont aucune idée de ce qu'ils sont : des pièces sur un échiquier. C’est étonnant d’ailleurs que Père ait pensé la diplomatie en totale indépendance du reste du premier cercle. Quand Dolem a avoué ne pas comprendre, lui connaissait évidemment la réponse. Père lui avait accordé une telle confiance parce que la diplomatie dans la guerre restait l’art de tromper pour la victoire et qu'il n’avait jamais douté du fait indubitable que les décisions les plus difficiles ne cadreraient pas avec leur code de la Force. C’est peut-être aussi pour cela que lui-même, tout Vlad-Ozimonor qu'il était, voulait la compagnie de Rep, le seul à être aussi franc, à dire ce qui lui chante, l’anti-diplomate et en même temps celui qui parle le moins de Force, de stratégie. Son ingénuité, son impétuosité servait de rempart et d'arme à la fois. Encore une autre preuve que Père était complexe, que sa foi était limitée et que cette limite s’incarnait le plus en eux deux : un bouillonnement innocent et une mare tranquille. Et cela, il ne pouvait l’expliquer aux autres. Père avait fait en sorte que la diplomatie soit menée par une machine dans un seul but et que tout y soit coordonné. Vlad-Ozimonor n'en dévierait jamais. La seule question qui lui restait était la plus lourde de conséquences : jusqu'où serait-il suivi ? Est-ce que Père l'avait seulement envisagé ? Dolem dirigeait les machines, toutes avaient accepté son autorité alors même qu'il puisait parmi les siens pour améliorer ses plans. Mais Vlad-Ozimonor ne lui reconnaissait rien. Il l'avait l'autorité, lui aussi. Et il avait la possibilité de mobiliser la flotte pour réussir ses manœuvres. Le seul moyen pour Dolem de le contre-carrer aurait été de décider d'une autre bataille. Il aurait eu la priorité. Mais il était trop tôt pour Dolem. Pas pour lui. Lui avait décidé de déclencher la guerre.


    Vlad-Ozimonor pense. Il tourne doucement la tête, observe maître Direm qui dévisage Rep. Devant l’hostilité rigolarde du droïde, il a sorti son sabre. Il est sérieux. Maître Candeleur le regarde dépité. Il ne veut pas de combat. Il l'affirme :

    – Je n’autoriserai pas de combat entre nous.

    – Il n’y aura pas de combats si vous vous rendez, répond Direm.

    – Dans ce cas, pourquoi devrions-nous nous rendre ?

    – Pour être jugé.

    – Et que nous reproche-t-on ?

    – De conspirer contre la Nouvelle Confédération, de négocier secrètement avec l’ennemi de notre Ordre et de troubler la Force.

    – Et si je vous dis que les négociations n’ont pas encore commencé ? s’amuse Rep en jouant avec son pommeau. Parce que rien ne s’est échangé pour l’instant si ce n’est une conversation des plus banales sur l’histoire des Jedi.

    – J’aimerais voir l’ordre d’arrestation, demande Pau.

    Direm lui présente l’ordre, signé par les autres membres du Haut Conseil.

    – Je vois, reprend Pau. C’est donc votre choix.

    – C’est le nôtre.


    Pau Candeleur semble abattu. Il ne s’y attendait pas. Pas aussi vite, pas comme ça, pas avec l’appui militaire de la Nouvelle Confédération. Comment ont-ils su ? La réunion sur Naboo n’était connue que d’une poignée. Y’aurait-il un espion parmi les Jedi ? Les droïdes auraient-il vendu la mèche ? Le bâtiment était-il sur écoute ? Non, ils sont arrivés trop vite ! Quelqu’un les a prévenus. Cela ruine tous ses plans, lui qui avait rejoint le mouvement de sympathie pour les Forcïdes et pris sa tête pour éviter tout affrontement. S’ils sont arrêtés, que feront les autres partisans ? Les durs tenteront de se rebeller, ils quitteront l’Ordre, ils se battront.

    – Parlons seuls, Direm, demande Pau. Il le faut. Je te le demande. De Jedi à Jedi.

    – Puisque tu le demandes.

    – Merci.

    – Retirez-vous du bâtiment, ordonne maître Direm à ses troupes.

    – Attendez-moi dans le petit salon, demande en écho Candeleur à ses hommes et aux droïdes.

    Les deux maîtres restent seuls. Vlad-Ozimonor entend tout grâce au dispositif qu'il a dissimulé.

    – Tu serais prêt à aller jusqu’au bout et nous faire arrêter ? interroge immédiatement Pau Candeleur

    – C’est mon devoir de Jedi.

    – Non. C’est ton devoir de soldat. Un jedi n’appliquerait pas un ordre contraire aux valeurs qui sont les siennes : la camaraderie, l’entraide, la confiance, l’écoute.

    – Je suis un soldat de la Force, tu le sais. Et tu as toi-même rompu ces valeurs en organisant cette réunion, en soutenant des factieux. L’Ordre Jedi ne peut être divisé. Pas maintenant et surtout pas ici, pas dans ce bâtiment. L’Histoire est contre toi.

    – Je n’ai pas encore négocié. Je voulais apprendre. Je le veux toujours. Personne ici n’a pris de décision.

    – Venir, c’était choisir.

    – Non, ce n’est pas vrai. Mais vous prenez la décision pour nous. Vous vous apprêtez à enflammer la plaie.

    – Nous ? Alors que c'est vous qui avez prouvé votre sympathie pour les droïdes avec ce rendez-vous, alors que c'est vous qui avez trahi en le cachant. Ainsi je te le demande : qui enflamme quoi ?

    – J’ai répondu à l’appel de la Force. Je n’ai brisé ni la confiance ni l’harmonie. J’aurais répété au conseil ce que j’aurais appris, j’aurais annoncé ce que je voulais que nous fassions, j’aurais été un pont. Je n’ai pas menti, je n’ai pas trompé, j’ai cherché à comprendre. A concilier.

    – Tout ce que tu dis là n’a plus d’importance. Ces choses avec lesquelles tu veux traiter sont dangereuses. Si elles répandent la Force, son instruction, il y aura mille empires Sith dans la Galaxie. Tu sembles également oublier que leur propre existence est contre-nature, l’invention d’un esprit fou ! Ils n’en ont peut-être même pas conscience. Toi non plus. Mais nous ne vous laisseront pas plonger la Galaxie dans la guerre..

    – J’ai confiance en eux. Ils portent une voix singulière. Ils sont dignes de notre écoute. Prends le temps de méditer, tu comprendras.

    – Je l’ai fait et j’ai compris. Désormais le temps n’est plus à la parole mais à la protection de l’Ordre. Ils ont commencé par nous menacer. Puis Ils ont tué des Sith, des Jedi, détruit Fort K, battu nos chevaliers un peu partout quand ils ne nous ont pas couvert de ridicule dans leur discours. Pire, ils retournent les populations contre nous. Nous ne sommes plus les bienvenus sur plusieurs planètes avec lesquelles nous avions pourtant une entente cordiale. Enfin, ils conspirent avec le Sith responsable de l’enlèvement d’Elonn. Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, Pau. Et la Force te sert de bandeau.

    – Je ne suis pas naïf. Je leur ai demandé des explications pour que cette réunion se tienne. Je les ai vérifiées. Elles m’ont convaincu. Prends le temps de les entendre. L’incompréhension mène à la peur et la peur mène au côté obscur. Tu le sais. Il y a lieu d’apprendre les uns des autres.

    – Nous ne pouvons pas les laisser faire, Pau. Le problème tient autant à leur nature qu'à leur discours. Tu ne vois pas que ce sont des révolutionnaires ? Qu'ils sont là pour transformer la Galaxie, pas s’y fondre ? Et ce faisant, ils nous renverrons aux âges sombres. Ils détruiront notre Ordre. Ils détruiront tout. Regarde ce qui se passe depuis 3 mois. Des désertions, de l’agitation, de la sédition, des destructions, des morts, de l’humiliation, que des choses que nous n’avions plus connu depuis la création de la Nouvelle Confédération. En seulement 3 mois, ils les répandent comme un virus.

    – Il ne faut pas avoir peur de l’inconnu, mon ami. Ces choses qui arrivent ne sont pas de leur fait mais du nôtre, de celle des Sith. Je ne vois pas de guerre. Je vois une libération. Ne te pose la question de la vitesse de la propagation de leur message mais demande-toi pourquoi il résonne autant.

    – Tu me déçois tellement, Pau. Jusqu’à présent, ce n’était que quelques poignées de chevaliers, quelques maîtres que nous avions identifiés. Mais tu leur as donnés une légitimité. Tu as donné à ces conspirateurs l’aura du Haut Conseil en basculant de leur côté. Tu fais leur jeu et leur jeu se paiera du sang des notres.

    – Je suis du côté de la Force, Direm. Elle leur donne une légitimité. Regarde-les. Ils existent, ils vivent. Ils nous ressemblent. Tu ne peux pas faire comme si ce n'était pas le cas.

    – Les Sith aussi respirent, déplacent des objets et se servent de sabres laser. La Force ne peut pas être le seul critère. Ce sont des robots. Tu as vu le droïde qui m’a accueilli à l’instant en proposant de me combattre ? Tu as vu la manière dont il s'est comporté ? Il me narguait, il était prêt à la violence. C’est le comportement d’un Sith !

    – Rep ? Il cabotine. Il n’a aucune malveillance.

    – Anakin Skywalker lui aussi cabotinait avant de devenir Darth Vader. Et la Force nous l’avait érigé en élu. Peu importe tes croyances, les murmures que tu peux entendre, nous sommes des Jedi, pas des esclaves de la Force, nous nous en servons pour faire le bien, l’utile. Nous l'utilisons pour une cause supérieure, un bien commun. Les bonnes intentions ont souvent mené la Galaxie au pire.

    – Au contraire. Tu le sais pourtant : celui qui regarde l’abysse voit l’abysse qui regarde en lui. Tu projettes ta peur des Forcïdes à force de la voir en eux. Tu observes le chaos là où tu le redoutes.

    – Dans ce cas je ne suis pas le seul. Les Jedi en prennent conscience. Nous sommes de loin majoritaires, le conseil s'est montré unanime. Ta cause est désormais désespérée. La Nouvelle Confédération veut leur arrestation, les Sith veulent leur destruction et nous, nous voulons leur circonscription. Nous leur accorderons une planète, nous les laisserons tranquille. A la condition qu’ils se rendent sur le champ.

    – Je ne peux pas parler en leur nom. Juste au nom des Jedi sympathisants. Je n'aurais donc qu'une question avant que tu ne vois ça avec eux. Que vas-tu nous faire si nous nous rendons ?

    – Nous vous emmenerons sur Omegan. Vous serez jugé, tu passeras devant le Conseil.

    – Et ensuite ?

    – Ensuite, je ne sais pas. Je ne connaîs pas la décision des autres.

    – Mais toi, tu me condamneras ?

    – Au bannissement de l'Ordre et à l’enfermement à vie. Tu as trahi, Pau. Tu auras faire grandir la dissension. Nous n’en avions pas besoin.

    – Si tu me condamnes, tu me victimises.

    – La Nouvelle Fédération t’arrête. Nous te jugerons. Tu termineras dans une prison de faible intensité, peut-être une résidence surveillée. Rien qui ne ressemblera à un acharnement. Juste de quoi vous ramener à la raison.

    – Tu ne feras que jeter de l’huile sur le feu. Tu provoqueras le conflit que tu veux empêcher.

    – Sois sérieux. Pour l’instant, il n’y a pas de camps. Ils n’ont pas d’armée. Il n’y a pas de guerres, pas de vaincus, pas de vainqueurs. Convainc-les d’arrêter et il n’y aura pas de repression. Convainc-les d’arrêter et je ferai tout pour que tes sympathisants retournent dans l'Ordre. Quant à toi, tu serviras d'exemple.

    – Je ne peux pas le leur demander mon ami. Ce sont des considérations politique. Je ne veux plus de politique. J’en suis fatigué de tous ces chemins. Je décide d’emprunter celui que la Force me montre. Peu importe que mille empire Sith naissent ou renaissent, je sens que l’époque vacille, que plus personne ne croit à rien, que seul le confort importe tandis que les âmes se vident. Nous nous détachons de la Force, mon ami. Les Forcïdes sont là pour nous reconnectés. Et si certains choisissent le côté obscur, alors ils nous trouveront pour les mener vers le droit chemin.

    – Tu te trompes tellement, Pau. C'est toi qui épouses le côté obscur. Ces robots apportent la guerre quand nous étions tranquilles. Il y avait tellement de paix, de concorde. C'était un age d'or. Vous allez l'éteindre.

    – C'est donc cela que tu perçois ? Il y a portant tellement d’âmes mortes, de feux qui couvent sous les ors de la tranquillité ! Il y a du désespoir, de la fatigue, le mystère a disparu. Tu ne le sens pas ? Regarde toute cette jeunesse qui se perd dans le commerce, qui ne jure par le dernier gadget, qui dépense sans se soucier du lendemain, qui ne rêve que d'argent et de possession.

    – Les Jedi y remédieront dès qu'ils auront récupéré leur position politique.

    – Les Jedi et la Nouvelle Confédération en sont la cause. Nous avons accepté trop de reniements, trop de concessions. Nous avons accepté de cacher nos sabres laser, de renier l’usage de la Force en publique. Nous avons choisi de recruter des jeunes gens fortunés pour nous aider à redresser nos finances, à regagner l’influence pour guider la Galaxie mais la Galaxie n’a pas besoin de guides. Elle a besoin d’exemples. Je l’ai compris. Et je crois que la Force nous a envoyé ces robots.

    – Ces robots ont été construits par des mains, Pau. Pas par la Force.

    – Des mains qui ont été inspirés par elle. Cela ne fait aucun doute.

    – Aucun doute ? Tu plaisantes. Ils n’ont pas de midichloriens. Ils n'ont rien de naturel. Ce sont de pures aberrations.

    – Les midchloriens ne fondent pas la Force. Ce n’est qu’un vecteur. Les droïdes m’ont avoué qu’ils avaient été touchés par la même grâce que nos midi-chloriens, qu’ils sont des vecteurs, qu’ils ont été choisi. Et tu voudrais les arrêter ? Les détruire ?

    – La Force a ses mystères, nous ne pouvons tout comprendre. Elle devait nous envoyer l’élu, elle nous a envoyé celui qui nous a terrassé. Nous l'avions mal interprété. Et toi, aujourd'hui, tu l'interprètes mal à nouveau.

    – Et si c'était toi qui interprétais mal ?

    – Je fais confiance au conseil. Il a appris de ses erreurs. Il n'y aura plus de nouveau Vader.

    – Malheureusement, le conseil se trompe aujourd'hui comme hier.

    – Je te retourne le conseil, Pau. Tu devrais méditer davantage. Je vois la fin des Jedi si ces robots continuent. La Galaxie tournera à la vindicte. Les Sith ne seront pas épargnés. Les planètes nous feront la guerre, nous serons pourchassés. C'est cela que tu veux ?

    – Dans ce cas, ce ne sera pas la fin des Jedi mais leur retour. Nous n’avons plus besoin d’administration, de règles. Nous avons besoin d’inspiration, de bienveillance. Je ne veux plus être maître. Je veux apprendre et leur apprendre. Je veux comprendre et être compris. Je veux l’harmonie, Direm. Je ne la trouve pas dans l’Ordre ni dans la Nouvelle Confédération. Je veux me détacher de ces vieilles reliques.

    – En dehors de l’Ordre, il y a le chaos, le côté obscur.

    – Alors c’est ce qui nous oppose Direm. Tu veux préserver l’ancien monde, j’en veux un nouveau.

    – C'est tout le problème. Ton monde ne pourra se faire que dans la destruction de l’ancien. On ne construit que sur des ruines.

    – Je sais. Il n’y a pas de naissance sans douleur.

    – Si c’est ce que tu veux.

    – Ce n’est pas ce que je veux. C’est ce qu’il se produira si le Conseil cherche à préserver l’ancien monde. Quant à moi, je refuse de prendre les armes contre toi ou contre mes camarades dehors. Fais ce que tu as à faire. Tu n’es pas mon ennemi. Nous en avons terminé.


    Maître Candeleur pose son sabre sur le sol, sors de la pièce va rejoindre les autres. Il annonce sa décision de se rendre. Tous la juge pertinente. Il n’y aura pas de combat. La lutte prendra une autre forme.


    – Est-ce qu’on peut quand même se battre un peu ? demande Rep, larmoyant. Le premier qui désarme l’autre a gagné ?

    – Nous ne jouons pas, répond Maître Direm qui traverse la pièce pour rejoindre l’entrée. Un combat signifie des morts. Les morts peuplent le côté obscur.

    – Je pense pouvoir te battre sans te tuer pourtant.

    – Ne pense pas. Reste une machine.