Kaldaeria, le carnet de Phanat

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Kaldaeria - Chapitre 1 - Départ vers l'Ouest - 2ème partie

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  • Les gens ne pouvaient s'empêcher de se sentir oppressés à la vue de la muraille malgré la sécurité qu'elle procurait. Cette construction hors norme de deux cent cinquante mètres de haut et qui entourait la ville avait été bâtie par les Dévas en une dizaine de jour seulement. Grâce à leur maîtrise de leur Ki, ils avaient taillé de blocs de pierre plus gros qu'un grand manoir dans les montagnes environnantes, renforcé leur matière, et ils pouvaient les manipuler aussi facilement que des plumes. Leurs pouvoirs restaient incroyables malgré leurs déclins. Maintenant que les Humains avaient acquis leurs techniques, établir des avant-postes fortifiés impressionnants était à leur porté. C'était un des arguments de la propagande pour l'expédition qui avaient convaincu en masse les Arcaéens.


    La plaine était noire de monde. Une dizaine de milliers de personnes étaient en effervescence. Les participants de l'expédition qui n'étaient pas au défilé finissaient de préparer les convois pour le départ. Leurs proches étaient aussi venus les aider et voulaient profiter de leur derniers instants ensembles. L'ambiance était bonne enfant, même s'il pouvait y avoir quelques petites tensions dues au stress des préparatifs. Shenlaw et sa mère essayaient d'avancer dans ce chantier.


    - C'est encore plus le bordel qu'en ville ! constata Shenlaw.

    - Je savais qu'il y avait beaucoup de monde dans l'expédition, mais je ne pensais pas qu'il y en aurait autant, dit sa mère.

    - J'ai l'impression d'être dans la vallée des Terres Rouges.

    - Comment ça ?

    - C'est une histoire que j'ai lu dans les récits du seigneur Estiel. Ça raconte une bataille où il était et qui s'est déroulé là-bas il y a plus de mille an. Il faisait parti d'un groupe de dix mille personnes qui devait affronter cent mille Beysaks. Vu le monde qu'il y a, ça m'a fait pensé à ça.

    - Ah d'accord. J'oublie parfois que mon fils est un génie qui sait lire, dit sa mère avec beaucoup de fierté.

    - Mère, c'est pas compliqué de lire. Si tu veux, je peux t'apprendre.

    - Je suis trop vieille pour ça. Je n'ai pas le temps avec la ferme. Et puis ça ne va pas me servir à grand chose.

    - Quand j'y pense, est-ce que tu t'es faite souvent punir à l'école communale quand tu étais petite ?

    - Euh… Je ne vois pas ce qui te fait dire ça ? demanda-t-elle un peu gênée.

    - Un mauvais enseignement est une des raisons de l'échec scolaire. N'importe qui pourrait être dégoûté de l'apprentissage quand c'est mal fait.

    - Euh… C'est pas faux.

    - Tu sais, si tu ne veux pas apprendre à lire, c'est pas grave. Mais si un jour tu en as envie, je peux t'apprendre.

    - Ça jaserait si les autres venaient à savoir que mon garçon de 10 ans m'apprenait à lire, dit-elle en plaisantant.

    - On s'en fout des autres. Ils ne vivent pas ta vie.

    - Ahahah ! Très juste ! Comment la bataille s'est terminée ?

    - Malheureusement, l'armée a quasiment été décimée. Le seigneur Estiel et une poignée de guerriers ont réussi à survivre et ont rejoint une autre armée. C'est aussi dans cette bataille que les parents du seigneur Estiel sont morts.

    - … C'est triste. Je n'ose imaginer ce qu'il a dû vivre.

    - Il a écrit ça dans ses récits, dit Shenlaw avec un large sourire.

    - Petit futé !


    Légèrement agacée par l'impertinence de son fils, sa mère le prit dans ses bras et frotta énergiquement son cuir chevelu un petit instant. Le pauvre Shenlaw ne pouvait que subir cette attaque.


    - Mais euh ! dit Shenlaw en boudant.

    - J'ai de la chance d'avoir un génie comme toi pour fils.


    Sa mère câlina Shenlaw. Il était un peu gêné par cette marque d'affection mais il l'appréciait quand même. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent près d'un groupe de personnes en train de charger du matériel sur des chariots.


    - Junfan, on est là ! s'exclama la mère de Shenlaw.

    - Hoy ! Ça a été ? dit un homme d'âge mûr portant une caisse.

    - Tu aurais dû voir nos enfants. Ils étaient magnifiques. Ils ont défilé juste derrière le grand seigneur Estiel, répondit-elle.

    - D'ailleurs, il a voulu faire la cour à Mère, dit Shenlaw.

    - Arrête de dire n'importe quoi ! le contredit-elle en lui mettant une petite tape sur la tête. Nos regards se sont à peine croisés... regretta-t-elle. Où est Léna ?

    - Elle joue là-bas avec Farang et d'autres enfants, dit Junfan en montrant une petite fille de huit ans entourée d'autres enfants de son âge à quelques mètres.

    - Je vais la rejoindre, dit Shenlaw en allant vers eux.

    - Ne t'éloigne pas trop quand même, lui dit sa mère.


    Le père de Shenlaw avait la quarantaine. Le temps avait marqué les traits de son visage et lui donnait un air sévère. Ses cheveux courts et sa barbe mal rasée qui grisonnaient contrastaient avec son teint halé. Sa carrure très athlétique pouvait se deviner sous ses vêtements usés au style modeste. 


    - Salut Ellia, salua une femme qui aidait aussi au chargement.

    - Salut Kali. Mon mari ne vous a pas trop ralentis pour les préparatifs ?

    - J'aurai bien aimé en dire du mal, mais malheureusement, ça avance plutôt très bien grâce à lui. En fait, tu pourrais dire à ton mari de ralentir un peu la cadence ? Avec son âge, il pourrait nous faire une attaque.

    - C'est juste que tu te fais vieille. Tu manques d'exercice, répondit Junfan

    - On a le même âge idiot ! Et je pense que je travaille autant que toi dans les champs. C'est plutôt toi qui est anormalement en forme.

    - C'est la cuisine d'Ellia qui me tient en forme ! dit Junfan en riant.

    - Quand j'y pense, ça fait longtemps que je n'ai pas goûté à ta cuisine.

    - Nous aussi ! dit un homme un peu plus loin.

    - Pareil ! dit un autre homme.

    - Quand je pense à tes plats, j'en ai l'eau à la bouche, reprit Kali.

    - En gros, vous voulez que je vous fasse la cuisine ! dit Ellia.

    - Puisque c'est si gentiment proposé, dit Kali.

    - Très bien, répondit Ellia résignée. Mais c'est vous qui fournissez les ingrédients ! Vu qu'il est bientôt midi. Vous voulez manger dans combien de temps ?

    - On a encore un autre chariot à charger et ça sera le dernier. On en a pour une demi heure. On n'a rien mangé depuis ce matin.

    - Ok, je vais m'y mettre.


    Tout le groupe était ravi qu'Ellia prépare le déjeuner. Elle commença à préparer son coin cuisine avec les ustensiles et les ingrédients prêtés par Kali. Pendant ce temps, Shenlaw avait rejoint sa petite sœur Léna qui jouait par terre avec cinq autres enfants du même âge, deux filles et trois garçons. 


    - Hoy tout le monde ! dit Shenlaw.


    Une petite fille se jeta sur lui tout contente.


    - Grand frère ! dit Léna.

    - Doucement. Je ne suis pas aussi costaud que Père, dit Shenlaw en essayant de calmer sa sœur.

    - Je te présente mes nouveaux copains. Elle c'est Mali, elle c'est Jaïs, lui c'est Reolm et lui c'est Shumli. Les copains, dit Léna aux autres enfants, je vous présente mon grand frère Shenlaw.


    Les autres enfants le saluèrent. Ils avaient tenues modestes, usés et salis à force de jouer par terre. Léna était aussi couverte de terre. Ses simples vêtements étaient devenus vert par endroit à force de se rouler dans l'herbe. Elle avait une mine joviale et ses couettes la rendaient trop mignonne.


    - Hoy Shenlaw, c'était comment la parade ? demanda un garçon un peu enrobé habillé de vêtements usés et rapiécés.

    - Hoy Farang. C'était blindé de monde et très bruyant, répondit Shenlaw. J'ai pas pu voir grand chose à part le seigneur Estiel, grande sœur Méléa et grand frère Kravann.

    - Ils étaient comment grande sœur et grand frère ? demanda Léna.

    - Euh… ils étaient… classes. Mais tu ne vas pas le leur raconter, ok ?

    - Hihihi !

    - Et le seigneur Estiel ? demanda Farang.

    - Franchement, j'ai pas grand chose à dire de plus sur lui. Il fait très noble.

    - C'est notre seigneur à tous et le dernier Déva vivant. C'est tout ce que ça te fait ?

    - Ouais.

    - J'arriverai jamais à te comprendre.


    Pendant ce temps-là, les autres enfants continuait de jouer par terre. Ils étaient en train de creuser le sol. Cela suscita la curiosité de Shenlaw.


    - Vous faites quoi ? demanda Shenlaw.

    - On essaie d'attraper des taupes, dit Léna.

    - Pourquoi ?

    - Bin, on nous a interdit de jouer au ballon, à cache-cache, à trap-trap. Alors, on joue à ça. Tu viens jouer avec nous ?

    - Vous avez pas trouvé un meilleur jeu ?

    - Franchement, on est à court d'idée, dit Farang.


    Un adulte qui passait par là interpella les enfants. 

    - Mais qu'est-ce que vous faites ? Arrêtez de faire des trous ! Les roues des chariots pourraient casser à cause de ça ! Vous allez me reboucher tout ça tout de suite !

    - C'est nul ! On peut pas jouer ! répondit un enfant habillé en .

    - Je veux pas savoir ! Nous on travaille alors ne nous gênez pas !


    L'adulte repartit préparer des chariots. Les enfants étaient dépités et durent s'exécuter.

    - Pfff ! C'est nul ! On peut plus rien faire ! dit Shumli.

    - On n'a qu'à créer un jeu en tenant compte de tout ce qu'on peut pas faire, dit Shenlaw.

    - C'est plus facile à dire qu'à faire, dit Jaïs.

    - Faites confiance à mon grand frère ! Il est très fort pour inventer des trucs ! dit Léna.

    - Je confirme. Mon meilleur ami est un génie ! dit Farang.


    Les autres enfants étaient intrigués. S'ils pouvaient jouer à quelque chose, ils étaient preneurs.

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