Kaldaeria, le carnet de Phanat

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Kaldaeria - Chapitre 1 - Départ vers l'Ouest - 5ème partie

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  • Le soleil commençait à décliner. Les convois étaient prêts. Certains avaient déjà commencé à aller vers la porte ouest pour y être en premier. L'impatience et l'excès de zèle de certains causèrent des problèmes de circulation sur la plaine et créèrent des tensions. La fatigue accumulée n'aidait pas vraiment à calmer les gens. La caravane de Kali était aussi pris dans les bouchons.


    - Ils sont cons ou quoi ces gens qui doublent ? dit Kali énervée. Ils ont pas compris qu'on était nombreux sur la plaine et qu'il fallait attendre pour avancer ?

    - Bouge ton fiacre ! J'ai pas que ça à faire ! dit un homme venant sur le côté avec son charriot.


    C'était le bonhomme qui avait rouspété sur les enfants plus tôt.


    - Tu vois pas que c'est bouché de partout du con ?

    - Comment tu m'as appelé vieille carne ?

    - En plus d'être bigleux et con, t'es sourd ! Espèce d'handicapé du bulbe.

    - Ramène ta fraise grognasse et on va voir qui est l'handicapé !

    - Stop vous deux ! dit Junfan autoritairement. Toi mon gars, tu vas arrêter d'essayer de forcer le passage, ça ne passera pas. Si t'es trop con pour le constater, je te le ferai comprendre avec mon poing dans ton cul.


    Junfan avait les arguments pour mettre ses menaces à exécution. Le bonhomme sentait qu'il ne pouvait pas faire le poids.


    - D'accord d'accord. Je vais dans ce coin et attendre que ça se dégorge comme tout le monde. Pas la peine d'aller aussi loin, dit le bonhomme intimidé.


    Il s'éloigna de la caravane de Kali et se mit dans un coin.


    - J'aurai bien aimé te voir à l'action. Ça l'aurait déconstipé le bougre, dit Kali.

    - Kali, tu arrêtes avec tes réflexions ! dit Junfan.

    - Et pourquoi j'arrêterai ?

    - Les enfants te regardent.

    - … D'accord…

    - C'est comme les jours de marché et les soirs de match en fait, dit Farang. C'est toujours le bordel.

    - C'est pas faux, dit Léna amusée.

    - Il faudrait un jour qu'on instaure les files d'attente, dit Shenlaw.

    - Des quoi  ? demanda Farang.

    - Des files d'attente. Mais c'est pas important.


    La situation était désamorcée mais la tension sur la plaine ne faisait qu'empirer. Quelques bagarres avaient même commencé par-ci par-là. Soudain, une lumière dorée aveuglante illumina le ciel. Une force pressurisante s'abattit sur toute la plaine et mit à genou les fauteurs de trouble. Ceux qui n'étaient pas impliqué dans les altercations ressentait une pression et les enfants n'étaient pas affectés.


    - On se calme, dit une voix masculine, autoritaire et posée venant du ciel.


    La lumière se dissipa peu à peu et une présence magnifiquement ineffable enveloppé d'un halo dorée se dévoila flottant dans le ciel. Ainsi apparu le Déva Estiel. Tout le monde sur la plaine se prosterna. Certains avaient des larmes de joie car c'était la première fois qu'ils voyaient le Déva. Quant aux troubles-fêtes, ils ne faisaient plus leur malin.


    - On n'est pas au marché, c'est une opération militaire, dit Estiel. Vous êtes les pionniers de cette expédition, l'avant-garde de la reconquête de notre monde, et vous vous comportez comme des soiffards du dimanche ! Je n'ai pas donné l'ordre de vous avancer. Vous pensez qu'être les premiers devant la porte est une bonne manière de se faire voir ? Vous vous trompez lourdement. Je n'ai que faire des m'as-tu-vu et des lèche-bottes. Ce qui m'importe est le succès de cette première expédition. J'attends de vous de la discipline, de l'engagement et de la ténacité. Certes, vous n'êtes pas soumis aux règlements militaires, mais cela ne signifie pas que vous serez en vacances. Il y aura beaucoup de travail et je ne tolèrerai aucun écart de conduite. Vous êtes encore libre de rester à Arcae mais une fois la porte passée, vous serez sous mes ordres. Je vais déployer des hommes dans quelques minutes pour rectifier le bordel que vous avez provoqué. J'aurai préféré que mon premier discours ne soit pas un rappel à l'ordre que l'on donne à des enfants. Ça sera tout pour le moment.


    Estiel s'envola vers le campement militaire. Les bagarreurs se sentirent honteux. Tout le monde réfléchissait sur leurs actions. Kali avait soudain des sueurs froides.


    - Heureusement que tu es intervenu Junfan. Je me serais prise la technique du Déva dans la gueule, dit Kali.

    - T'es toujours sûre de vouloir partir à l'aventure ? Il rigole pas le seigneur Estiel, dit Junfan.

    -C'est ça qui est marrant. Pour une fois qu'il se passe quelque chose et qu'on peut y participer, je vais pas me gêner.


    Quelques minutes plus tard, le ciel était parcouru par une centaine de soldats.  Ils quadrillèrent la plaine et aidèrent au traffic des caravanes. Un soldat atterrit à côté de la caravane de Kali. Le visage de Léna s'illumina.


    - Grand Frère Kravann !!! dit Léna en se jetant sur lui.

    - Doucement. Je ne suis pas aussi costaud que Père, dit Kravann en essayant de calmer sa sœur. Bonjour Père, Mère, tante Kali, oncles.

    - Mon fils, je suis tellement heureuse de te voir, dit Ellia en embrassant Kravann.

    - Le seigneur Estiel t'a assigné ici ? demanda Junfan.

    - En fait, je suis là pour amener Shenlaw à lui.

    - Quoi ? Comment ça ? dit Shenlaw surpris.

    - Pour faire court, le seigneur Estiel veut remettre de l'ordre sur la plaine, j'ai dit que tu avais des idées géniales pour améliorer la circulation et il veut les entendre.

    - Quoi ? dit tout le monde en même temps.

    - C'est vrai que dit comme ça, j'ai aussi du mal à croire que le seigneur Estiel ait accepté ma proposition, dit Kravann. 


    Ellia approcha Kravann et lui tira l'oreille.


    - Mais qu'est-ce qui t'a pris par la tête ? Tu veux mettre la honte sur la famille ? dit Ellia. Shenlaw est un génie mais il n'a pas réponse à tout !

    - En fait, j'ai déjà quelques idées… dit Shenlaw.


    Ellia lança un regard furieux à Shenlaw qui signifiait "ce n'est pas le moment".


    - … mais là n'est pas la question, finit Shenlaw.

    - Écoutez Mère, j'ai pensé à Shenlaw parce que je pense qu'il peux vraiment aider notre seigneur, dit Kravann. On a besoin de son brillant esprit.

    - Mais il n'y a pas des responsables qui s'occupent de tout ça ? demanda Ellia.

    - Le grand chambellan Garimaldi et la haute intendante Bellux étaient en train de se disputer sur la façon de faire depuis plusieurs minutes. C'est là que j'ai proposé l'aide de Shenlaw. Peut-être que le seigneur Estiel en a eu marre et qu'il voulait un nouvel avis.

    - Par les aïeux... J'ai besoin de m'asseoir.

    - Par contre il faut vraiment qu'on y aille.

    - Shenlaw, tu ne nous fait pas honte d'accord ?

    - Je ne promets rien Mère, dit Shenlaw. Mais ça sera surtout de la faute de grand frère Kravann. J'ai que 10 ans moi.

    - Oui bon ça va. J'en assumerai l'entière responsabilité si ça foire, dit Kravann.

    - On est obligé d'y aller en volant ? demanda Shenlaw avec appréhension.

    - Je sais que tu es malade en vol, mais c'est le moyen le plus rapide pour aller au camp militaire. Il ne faut pas faire attendre le seigneur Estiel plus longtemps. Allez, grimpe sur mon dos.

    - Bon…

    - À tout à l'heure.

    - Bonne chance, dit Ellia.

    - On va en avoir besoin, dit Shenlaw.


    Shenlaw se cramponna bien sur le dos de Kravann et ils s'envolèrent vers le camp militaire sous le regard inquiet de leur famille et de Kali et de son équipe. 


    Au camp militaire, tout le monde était attelé à réorganiser l'emplacement des caravanes mais il y avait une certaine déperdition dans l'organisation. L'absence d'ordre claire mettait l'expédition un peu à mal. Kravann et Shenlaw atterrirent près d'une tente richement décorée avec deux gardes à l'entrée. Le petit garçon n'avait pas l'air dans son assiette.


    - Ça va petit frère ? demanda Kravann.

    - Ça va, j'ai pas trop la nausée. Le voyage était rapide, dit Shenlaw. Laisse moi juste reprendre mon souffle et ça sera bon.


    Peu après, les deux frères s'avancèrent vers l'entrée de la tente. Les deux gardes à l'entrée les virent arriver et furent surpris par le petit garçon.


    - Sérieusement Kravann ? C'est lui ton génie ? demanda le premier garde.

    - Ouaip ! répondit Kravann avec un certain aplomb.

    - Bonjour, je suis Shenlaw, son petit frère, dit le garçon poliment.

    - Je vais prévenir le seigneur Estiel de votre arrivée, dit le second garde.

    - Ça se passe comment à l'intérieur ? demanda Kravann au premier garde.

    - On entend pas grand chose, dit le garde. Le seigneur Estiel empêche les sons de sortir de la tente, mais le grand chambellan et la haute intendante sont toujours en train de débattre depuis que tu es parti. Franchement, si ton plan est foireux, tu vas te faire tuer, ou pire, te faire rétrograder !

    - T'inquiète, mon petit frère est vraiment un génie ! Je ne m'en fais pas.

    - J'aimerai bien être aussi sûr que mon frère, dit Shenlaw. Comme on dit, bénis soient les simples d'esprit.

    - Shenlaw, c'est pas le moment de me faire perdre la face ! dit Kravann.

    - Ah ah ah ah ! Je t'aime bien mon petit, dit le garde.


    L'autre garde sortit de la tente.


    - C'est bon, vous pouvez entrer.

    - Bonne chance, dit le premier garde.

    - Merci, dit Kravann.

    - De toute façon, si ça ne marche pas, ça sera de sa faute, dit Shenlaw. C'est lui qui a proposé une idée foireuse.

    - Shenlaw ! dit Kravann en rouspétant.

    - Ah ah ah ah ! Au moins, tu as de l'humour, dit le garde amusé. Bonne chance quand même.

    - Merci. On va en avoir besoin, dit Shenlaw.


    Kravann et Shenlaw accompagnèrent le second garde dans la tente du seigneur Estiel.

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