Le Monolecte

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Page vérifiée Created at November 7, 2017 Contact

Notes sur la vie d'artiste

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  • Dans mon dernier billet, je m'empare de la question de la rémunération des professions dites artistiques. Le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne m'attendais pas à ce qui allait en sortir, pas tant sur mon blog que sur Agoravox où mon papier a été repris.

    Ce que j'ai vraiment trouvé intéressant dans les très nombreuses réactions qui pendant au cul de mon billet, c'est la vision totalement archaïque et erronée que la grande majorité des commentateurs a de l'activité artistique. En gros, on en est resté à l'artiste maudit et romantique du 19e siècle et dans cette vision-là, la misère serait nécessairement la compagne de l'artiste, ce qui, in fine, justifie aussi qu'on paie l'œuvre par des flatteries.

    Ce qui ressort de tout cela, c'est la profonde méconnaissance de la vie créatrice contemporaine.
  • Un commentaire éclairant

  • «Ne fantasmez pas trop sur le mot « artiste ». Rien ne sert de se monter la tête comme vous le faites. C’est comme pour ’Dieu’, dites ’principe transcendant’. Pour ’artiste’ pensez ’créatif indépendant’. Il sont partout : du dessin des paysages (paysagistes) à celui de vos routes, rues et quartiers (urbanistes), ponts, maisons et immeubles (architectes) , bagnoles et objets de consommation courantes (designers), coupes de vos vêtements, dessins de vos papiers peints et tissus, illustrations des livres de vos enfants, musiciens, peintres, sculpteurs, danseurs, acteurs, circassiens etc. Pour ma part j’y rajoute, tous les créatifs qui n’appartiennent pas directement au monde des arts traditionnels. Pour moi quelqu’un qui crée avec passion et indépendance une production de légumes de qualité, un mécanisme intelligent, c’est un artiste, comme un producteur de vin ou un restaurateur qui travaille la saveur de ses plats…

    Ce dont l’article parle, ce n’est pas une plainte concernant le statut de l’artiste en tant que tel, comme semble le percevoir bon nombre de commentateurs, ce qui serait sans grand intérêt, mais la façon dont son travail, ce statut particulier, sont considérés dés lors qu’il s’agit de le rémunérer ; du marchandage, souvent affectif en plus, auquel il est régulièrement soumis alors que l’on réclame pourtant son intervention ou sa production. A mes clients je dis qu’ils ne sont ni obligés de me choisir ni de travailler avec moi, qu’ils peuvent aller voir ailleurs… mais que s’il décident malgré tout de travailler avec moi ils doivent respecter les accords convenus. Ce n’est pas moi qui vais les chercher, mais eux qui viennent me demander de travailler pour eux. Si personne ne vient me chercher je ne vais pas me plaindre, je ne peux m’en prendre qu’à moi même.

    Il est bien évident que lorsqu’une entreprise de travaux publics débarque sur un chantier avec ses bulldozers, personne ne conteste qu’il y a là travail… Par contre, lorsque l’on considère les plans et plus encore les esquisses, les idées qui sont à l’origine de ces travaux, il en va tout autrement. Il n’est pas du tout évident de défendre la création d’idées, de concepts, de formes, de dessins, de sons etc. C’est à la base, principalement immatériel. Ca n’existe pas et une personne ’l’artiste’ la fait apparaître. Ce processus là est régulièrement déconsidéré, et régulièrement perçu par un certain public comme suspect, voir carrément comme un non travail. Bien souvent ce public mal informé pense que cela peut se faire le matin entre le premier café et la tartine grillée.. et que pour cela ça ne vaudrait pas grand-chose de plus que quelques miettes… Pas grand-chose de plus en tout cas que quelques minutes de réflexions. Un peu comme si vous payiez votre médecin uniquement les deux minutes au cours desquelles il pose son diagnostique ou rédige son ordonnance. La différence avec le médecin, que l’on accepte de payer sans trop rechigner, c’est que c’est principalement une assurance collective qui le rémunère, alors que pour un créatif indépendant, il est clair que vous payez entièrement de votre poche non seulement les deux minutes de génie (pour les génies) ou les nuits blanches des créatifs plus communs, mais également l’entièreté de leurs subsistances, comme pour n’importe quel autre travailleur. Sinon, l’existence même de personnes dont le rôle est de réfléchir, de créer serait tout simplement impossible. Lorsqu’un créatif est rémunéré c’est sa subsistance qui est en jeu. Lorsque l’on tente de retenir une partie de sa rémunération d’une façon ou d’une autre en profitant de la fragilité de son statut, du regard que la société pose sur lui, c’est une façon de lui dire qu’il ne mérite pas de vivre de son travail… ce qui est d’une grande violence. Violence pourtant commune que dénonce, justement, Monolecte.»

  • Remettre les pendules à l'heure.

  • Je trouve éclairant que ce commentaire repris ci-dessus ait été à peu près le seul à bien cerner le problème : celui des représentations sociales éculées de la vie artistique.

    Il est intéressant de porter ce débat sur la rémunération des créateurs directement sur Tipeee sert précisément pour l'essentiel à améliorer l'ordinaire de cette population dont la contribution est grandement sous-estimée.

    Il est important aussi de remercier les Tipeurs qui consacrent de leur temps et de leurs revenus à améliorer la condition des créateurs.

    Reste maintenant à amorcer la révolution des esprits, celle qui fera que toute contribution sociale mérite ses moyens de subsistance.

Ce que je fais quand je n'écris pas

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  • En moyenne, je dois avoir une ou deux bonnes idées de billet… par semaine.

    À l'arrivée, je suis contente quand j'en écris plus de deux par mois.

    Entre les deux, il y a les petites obligations du quotidien qui prennent beaucoup, beaucoup de place. Des démarches à traiter, des courses, taximaman… cela découpe la journée et empêche de déployer une plage de tranquillité suffisante pour écrire. Donc, je remets au lendemain, puis au jour d'après, puis aux calendes grecques.
  • Compta!

  • En ce moment, ma grande affaire, c'est de re - re - re - changer de logiciel de compta.

    J'ai commencé tranquillou avec les feuilles Excel, avant de me rendre compte que c'était totalement interdit.

    Il y a 7 ou 8 ans, j'ai migré directement sous GnuCash, le seul logiciel de compta qui tourne sous Linux. Là, je revenais de loin et j'ai vraiment dû apprendre les premières bases de la compta.

    Puis, en 2014, paf, nouvelle règle du Fisc, il faut des logiciels qui exportent les données en FEC. Ce que GnuCash ne fait pas. Problème, il n'y a toujours pas d'autre logiciel de compta qui tourne sous Linux et je préfère me couper un bras plutôt que de devoir maintenir Windows, même sur une cafetière.

    Finalement, je trouve Odoo (anciennement Open-ERP) qui est un peu le couteau suisse de l'entreprise, mais qui fait aussi la compta… et exporte en FEC.

    Le temps de chercher, trouver, comprendre, réapprendre et tout transférer, je passe ma compta sous Odoo CE V9 (autohébergé en local) en 2016… pour apprendre 3 mois plus tard que le FISC n'est toujours pas content et réfléchit à une loi pour nous forcer à n'avoir que des logiciels certifiés par eux. Autrement, dit, les gros logiciels propriétaires, tous payants, tous sous Windows.

    Donc, là, j'en suis toujours à déménager ma compta 2017 sous un nouveau système.

    Odoo V11 entreprise SaaS ferait bien l'affaire… sauf qu'ils ne proposent pas un export des données comptables dignes de ce nom, et donc, s'ils nettoient leur base, je perds ma compta.
    En plus, j'ai un problème d'arrondi de TVA chez eux que je n'arrive pas à résoudre.

    J'ai tenté de passer sous Compta.com, qui répond à peu près à tous mes besoins, mais le paramétrage est vraiment trop compliqué pour une non-comptable.

    Bref, je viens de passer les 15 derniers jours à me faire chier avec ma compta et je suis toujours bloquée.
  • Coup de main

  • Donc oui, si vous avez de solides compétences en compta, je prendrais bien quelques grammes d'aide à la configuration initiale (paramétrage de l'A Nouveau, de la correspondance des journaux et des comptes et surtout de la TVA).

    Sinon, je commence à me demander si les comptables sont bien de la même espèce que nous…

Dans les tiroirs du Monolecte

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Le Monolecte en berne

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  • Je suis trop contente d'avoir lancé avant-hier une petite campagne pour mon inscription sur Tipeee, puisque voilà OVH planté et mon blog avec.
    Y a pas à dire, j'ai le mojo, grave.

    Donc on espère un rapide retour à la normale et on pourra discuter de mes projets en cours…

Le Monolecte fait la manche!

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  • À force de voir des collègues blogueurs, dessinateurs et journalistes apposer leur petite sébile sur leur site, je me suis dit que le pire qui risquait de m'arriver en adhérant à ce nouveau mode de rémunération des communs, c'est d'y rester bredouille…

    Sachant que Tipeee a l'air d'avoir un modèle économique compatible avec ma vision libriste du partage en ligne, cela me semble être une expérience à tenter pour arriver enfin à vivre un peu de ce que je sais le mieux faire : déblatérer à n'en plus finir.

    Peut-être aussi l'occasion de sortir un peu de ma cambrousse, de monter des projets qui prennent la poussière sur les étagères de mon impécuniosité chronique…